Black Out

  • L'homme gris

    Fabrice David

    Les serrariens représentaient 99% des habitants de cette ville morte. Un amas d'êtres médiocres "qui ne sert à rien".
    Il avait du mal à se convaincre lui-même de ne plus mériter cette étiquette qui lui avait collé à la peau avec tant de justesse. Comme ceux dont la vie passait sans que personne ne les remarque. Une existence entière à coûter à la société, sans rien lui apporter. Bouffer, chier, consommer, jeter. Mais en brisant la carrière d'une femme qu'il haïssait, responsable de la mort de son jeune frère, et toujours impunie près de trente ans après, il venait de passer dans l'autre camp. Celui des hommes qui laissaient une trace. Celui des hommes dont la vie avait un but.
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  • L'auteur prend un malin plaisir à situer ses romans dans la ville de Limoges et ses environs. Il reprend tous les codes du roman noir moderne avec une truculence et une gouaille digne des séries noires de la grande époque. Tous les ingrédients du roman policier sont là, même si la présence policière est discrète et que l'auteur préfère mettre en scène un groupe de néo-ruraux autour de son héros Josselin dans des récits rocambolesques mais fortement ancrés dans le réel. N'hésitant pas à puiser dans ses indignations et dans les inquiétudes du mouvement social, il leur donne corps au coeur du terroir limousin. Mais il sait également camper les rapports humains et l'amitié, celle qui se partage avec un verre de vin.
    Son dernier roman ne fait pas exception à la règle. Josselin et sa bande y sont confrontés à d'étranges fermiers qui convoitent leur coin de campagne limousine pour y installer un élevage industriel et qui s'avèrent prêts à tout pour parvenir à leurs fins.

  • Tijuana

    Marc Bruimaud

    TIJUANA inaugure le « Cycle de Catalpa », une fantaisie romanesque en sept volumes dont l'action se situe, la plupart du temps, entre les côtes américano-mexicaines occidentales et l'île de Catalpa où vit Guy Misty, le narrateur.

    Quelques excursions nous mèneront néanmoins du côté d'Ostende, mais aussi de New York (durant l'été 1977 où sévit à Yonkers le funeste « Fils de Sam ») à Cluj-Napoca (Roumanie), ou de l'île séparatiste de Konzxside à Loch Lake Island, sur les traces d'un hypothétique Saint Bob.
    Nous aurons l'occasion de croiser de multiples stars hollywoodiennes, des cinéastes, des musiciens, des chanteuses, des écrivains (dont un célèbre prix Nobel censé être mort), des peintres et des sculpteurs, quelques sportifs, ainsi qu'un producteur de séries Z et un critique littéraire snobinard. Bien entendu, derrière ces exhibitions s'ourdit une vraie énigme (que tente désespérément de résoudre le détective Fastero), mais il faudra au mieux attendre l'an 2022 pour y voir un peu plus clair.
    Notre premier tome présente les principaux acteurs de la saga, en familiarisant peu à peu le lecteur avec les ambiances sombres d'un monde en morceaux - ce qui n'est pas si mal.

  • La cinquantaine, médicalement, devrait signer l'arrêt des boissons fortes. Pour végéter jusqu'à cent ans, la cinquantaine médicale devrait avoir l'odeur de l'eau. Asperges bouillies, jambon blanc maigre - l'adjectif maigre reviendra souvent - purée sans beurre sans sel fromage à vingt pour-cent de matières grasses, fruits. Pas de vin pas de café. Un avant goût de la maison de retraite. » Idée présupposée d'un avenir banal pour des derniers jours on ne peut plus ennuyeux, autrement dit : des lendemains de vieux pantouflard, sans lendemain, justement. Une insignifiante perspective de fin de vie qui était sans compter sur les surprises que réserve l'existence... Et quelles surprises ! Voir tant de membres de son entourage s'évaporer ainsi dans la nature, être soupçonné de meurtre, fuir et être fui, ne plus savoir quoi penser, en arriver à envisager sa culpabilité...

    Christian Brissart nous brosse le tableau d'un employé de banque désabusé qui a la fâcheuse tendance de cristalliser les faits divers étranges. Autour de lui gravitent autant d'individus louches que de fils à papa, et s'accumulent autant de disparitions inexpliquées que d'apparitions morcelées. Un récit semi autobiographique touchant, relevé de quelques notes sanguinolentes, le tout baignant dans un désagréable sentiment de fatalité, une sensation d'irrémédiable qui a l'odeur de l'eau.

  • Les Monstres Magnifiques de Christian Brissart, recueil de 4 courts romans :

    Deux Monstres Magnifiques On rate bien une vache Je les hais tous Johnny belle gueule "Elle était pas belle et lui ne valait guère mieux : ils étaient faits pour s'entendre et c'est ce qu'ils faisaient. Sarah était un sobriquet de sorcière, mais elle s'en foutait. Lucas, lui, était casseur de cailloux, métier devenu rare de nos jours. Il aurait tout aussi bien pu s'appeler Colas et être concasseur de cacao, mais les cacaoyers se faisaient rares du côté de Saint Nazaire le Désert. Au lieu de ça, ils filaient le parfait coton et, bien qu'hérétiques, bénissaient le ciel tous les matins de leur donner une si jolie vue sur la Drôme en ouvrant les volets. Ils n'étaient ni mariés ni pacsés ? quel vilain mot ?, ce qui leur avait valu d'être excommuniés de leurs territoires familiaux respectifs et les arrangeait bien, car ils avaient fui leur foyer aux alentours de la majorité : Lucas avait fui ses parents, les parents de Sarah avaient déserté Saint Nazaire pour se chaussonner jusqu'à leur trépas dans une vilaine maison de retraite, à Montélimar.
    Amants tout simplement étaient-ils, et se foutaient pas mal de ce que pensaient leurs tribus. Et réciproquement.
    Une certaine conception de la liberté...
    ...et l'histoire aurait pu s'arrêter là.

    Seulement voilà, l'oncle d'Amérique vint à trépasser, lui qui possédait une fortune colossale et Lucas comme unique héritier."

  • L'honneur je sais pas ce que c'est ! Par contre je suis fou. L'asile à treize ans. Ne faites pas cette tête-là ! Je n'étais pas dangereux. Un fou gentil. Libérez-moi, s'il vous plaît ! Je ne veux pas mourir enfermé. S'il vous plaît...
    Te fatigue pas, ils comprennent pas le français. Par contre toi, tu me déçois. Ah ! Au milieu de la misère, Monsieur pavane Monsieur fait le fier. Mais couleur kaki, on se chie dans le froc...
    Et ouais, je chie dans mon froc. Tu peux m'expliquer ce que c'est l'Honneur, pour quelqu'un qui galère depuis toujours, ce qu'est la fierté pour quelqu'un qui s'est toujours fait enculer ?
    La fierté, quand on se fait enculer, c'est de ne pas dire merci.

  • Extrait du recueil de nouvelles noires « Petits Papiers Meurtris » paru aux éditions Black-out en septembre 2010, une nouvelle lue par Eva Li.

    Avez-vous "La Main Verte" ?
    Aimez-vous jardiner ?
    Etes-vous en quête de bonnes astuces pour rendre vos plants plus robustes, vos rosiers plus fleuris et vos buissons plus fournis ?
    Si c'est le cas, cette histoire vous donnera un excellent conseil...
    A ne surtout pas suivre !...

  • À l'américaine, pourquoi ? Parce que tous les esprits sont désormais dirigés, modelés, façonnés par les idéaux américains, et préférentiellement par tous les clichés et stéréotypes issus des films hollywoodiens aux budgets surdimensionnés, bourrés de cascades en tous genres, de meurtres abominables et de sexe à la limite de la pornographie. Alors pourquoi ne pas profiter de cette puissante déferlante pour écrire un roman dans la même veine, à l'américaine ? Et bénéficier un peu du rejaillissement des succès du box office ? Fonctionner « à l'américaine », c'est aussi une manière employée par certains réalisateurs pour proposer leurs films aux producteurs, ne présentant seulement que des trames, que de vagues synopsis de scénarios. Pascal Forbes part de ce principe pour décrire la romance, l'histoire d'amour qu'il a la ferme intention de raconter, d'écrire avec ses tripes, d'une traite, sans prendre de repos, se laissant emporter par son inspiration oscillante. Le lecteur est ainsi absorbé dans le monde de la création littéraire naïve, réalisée pour plaire aux masses, sans message philosophique, sans questionnement ardent sur la tournure que prend notre monde, un ovni littéraire créé pour divertir d'un côté, et de l'autre, affranchir sans leçon ni morale les lecteurs sur le cheminement tortueux de la rédaction pure, entre l'imaginaire contrôlé et le résultat fuyant...

  • Extrait du recueil de nouvelles noires « L'Arrache Lecteur » paru aux éditions Black-out en mars 2008, cette nouvelle aux faux airs de périple Kerouaquien vous mènera bien plus loin psychologiquement que géographiquement...

    "Une semaine à Vierzon, carnet d'aventures" ou l'histoire banale de l'exil sentimental d'un névropathe, une fuite vers l'espoir destructeur d'un nouveau lendemain...
    Humour, émotions, folies, noirceur et tristesse, un panaché de vie, extrait d'une aventure surprenante dans un monde sans aucune surprise...

  • Joseph erre parmi les ruines : la tour Eiffel est envahie de lierre et les saumons nagent dans la Seine, redevenue limpide. Joseph est un chat, à l'origine de la rébellion contre les humains qui détruisent tout ce qu'ils touchent au nom du fric amen. Et grâce à ce chat, qui par contagion a fédéré le genre animal, le genre humain va être décimé, peu ou prou. Révolution écologique, car la seule façon de sauver la planète, selon lui et quelques autres mammifères éclairés, est d'éradiquer la race qui se croit supérieure. Aussi l'Homme fuit-il en pure perte le chat, le lion et la nature en colère...

  • Le « Cycle de Catalpa », c'est un peu comme « XIII » : il y a un narrateur, quelques héros, des héroïnes, et beaucoup, mais alors beaucoup, de personnages secondaires dont le lecteur peut légitimement se demander qui ils sont et quelle sera leur destinée.
    La série des « Nouvelles Orphelines », que nous inaugurons avec « Bettina & le Matador Errant », vous dévoilera donc, une fois par an jusqu'en 2022, l'histoire souvent tragique de ces « utilités » qui méritent bien qu'on leur consacre une plaquette, en regard de l'imposante architecture constituée par les sept tomes de la saga - pour chaque étrenne une figure révélée ; ici et maintenant Bettina Di Loënig, silhouette fantomatique hantant les plages de Leucadia dans le chapitre 3 de « Tijuana », demain Carmilla Broadaway (« Catalpa »), puis Rebecca Filip (« Loin de Tijuana »).

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