Belin

  • « Mon père était un gourmand, pas un gourmet, habitué à la cuisine familiale plus qu'à la cuisine raffinée. C'était un sensuel, ses sens lui servaient à goûter le monde : le voir, le sentir, le toucher, l'entendre. Il s'en servait pour son bonheur, dans son espace réduit puisque, «Voyageur immobile», il a peu quitté et fort tard la Provence. Se mettre à table était pour lui un grand plaisir. Je me souviens de l'atmosphère joyeuse, détendue, de tous nos repas de famille, repas souvent partagés avec des amis ou de simples visiteurs qui, s'étant attardés dans le bureau de mon père à l'heure du repas, étaient conviés à partager notre ordinaire. Pour eux, peu importait ce qu'il y avait dans l'assiette, ou dans leur verre, ils buvaient littéralement les histoires que mon père racontait. » Sylvie Giono a reconstitué le cahier des recettes familiales, ancrées dans la Provence, l'huile d'olive et les herbes des collines, qui faisaient le quotidien et le bonheur de son père. Elle y ajoute ses souvenirs et les photographies de l'album de famille, ainsi que de savoureux textes choisis dans l'oeuvre de son père.
    Anecdotes et extraits littéraires s'entremêlent pour retracer l'atmosphère d'une maison haute en couleurs, où, au moment du plaisir simple des repas partagés, Giono, écrivain gourmand, devenait conteur.

  • Jean Giono, ce voyageur immobile, a vecu de 1930 jusqu'a sa mort en 1970 au Parais, dont il detestait s'eloigner.
    C'est l'une des rares, peut-etre meme la seule maison, ou fut ecrite toute l'oeuvre d'un ecrivain. Sa fille Sylvie retrace la vie litteraire et familiale qu'abriterent ces murs, en nous faisant deambuler de piece en piece au rythme des mutations de la maison comme de son pere. Anecdotes et extraits litteraires, s'entremelent pour tracer le portrait dfun homme contraste et l'atmosphere d'une maison haute en couleurs, ou cohabitaient plusieurs generations. Car Giono avait besoin de calme autant que de la rumeur familiale. Il avait surtout besoin du soutien permanent d'Elise, son epouse, dont Sylvie Giono nous livre ici quelques ecrits inedits. Dans le regard de cette fille aimante mais lucide, le Parais portait bien son nom car l'ame de ce lieu residait dans la personnalite de son pere " toujours attentif, en meme temps que dans ses reves, ailleurs ".

empty