• Dictionnaire Cervantès

    Jean Canavaggio

    Parmi tous les écrivains espagnols dont le nom est connu en France, Cervantès occupe sans conteste la première place, au point d'incarner parfois à lui seul l'éclat des lettres hispaniques. Il a fait, comme il se doit, l'objet de plusieurs biographies. Mais, pour le lecteur qui ne veut pas s'accommoder d'un récit soumis aux contraintes de la chronologie, il est apparu qu'un dictionnaire serait à même de lui faciliter un libre parcours, pour ne pas dire un vagabondage, qui lui appartienne en propre. Le voici désormais à sa disposition, sous la forme d'un ensemble de quelque cent trente articles qui lui permettront, si l'envie lui en prend, de privilégier telle perspective de son choix : le milieu familial de l'écrivain ; les villes où il a séjourné; ses campagnes militaires et sa captivité à Alger ; son expérience de munitionnaire et de collecteurs d'impôts en Andalousie, au service de l'État ; sa formation intellectuelle ; son regard sur le monde et sur l'Espagne de son temps, en fonction des multiples aspects d'une personnalité dont la complexité se dérobe souvent à nous ; sa production littéraire (Galatée, poésies, théâtre, Nouvelles exemplaires, Don Quichotte, Persilès, Voyage au Parnasse) ; et, finalement, sa postérité et sa renommée posthume.
    La fascination que Cervantès continue d'exercer sur nos contemporains, au terme de plus de quatre siècles, ne tient pas seulement, tant s'en faut, aux péripéties d'une existence mouvementée, et elle n'aurait pas été aussi forte s'il ne nous avait laissé que ses poésies, ses nouvelles et son théâtre. Elle est due avant tout à Don Quichotte, ce qui explique le nombre d'articles qui lui sont ici consacrés. Sans mésestimer l'intérêt que soulèvent les questions relatives à sa vie et au reste de sa production, j'ai jugé essentiel d'accorder à son chef-d'oeuvre toute la place qu'il mérite, ainsi qu'à la réception qui lui a été réservée dans le monde entier : réception artistique, qui s'observe chez Coypel, Goya, Daumier, Doré, Dalí, Picasso, Garouste ; réception musicale, dont témoignent Purcell, Telemann, Massenet, Richard Strauss, Manuel de Falla, Jacques Brel ou Cristóbal Hallfter ; réception cinématographique, depuis George Pabst jusqu'à Orson Welles et Manuel Gutiérrez Aragón ; réception critique qu'attestent Unamuno, Ortega y Gasset, Freud, Thomas Mann, René Girard, Marthe Robert, Michel Foucault ; mais aussi réception littéraire que déclinent, chacun à sa manière, Marivaux, Fielding, Sterne, Diderot, Dickens, Flaubert, Dostoïevski, Melville, Tourgueniev, Kafka, Borges et, plus généralement, tous ceux qui, depuis le XVIIIe siècle, ont médité non seulement l'exemple que leur offraient les aventures d'un héros comique transfiguré par les romantiques en un chevalier d'idéal, mais aussi un texte fondateur, tenu souvent pour le premier roman moderne.

  • Cervantes

    Jean Canavaggio

    • Fayard
    • 17 Septembre 1997

    On n'en finirait pas de dénombrer les ouvrages inspirés par la vie et l'oeuvre de Cervantès. A eux seuls, ils constituent un monde en soi, une véritable bibliothèque de Babel. Pourtant, cette abondance ne saurait masquer une réalité plus troublante: aujourd'hui encore, le " mystère Cervantès " reste entier. De larges pans de sa vie nous demeurent obscurs; d'autres, qu'on croyait connus, nous semblent désormais peu crédibles, tant les interprétations en sont contradictoires...

    Avant de se consacrer aux lettres, Cervantès a cherché fortune dans le métier des armes. Blessé à la bataille de Lépante, il tombe quelques années plus tard entre les mains des Turcs, qui le retiennent cinq ans à Alger comme captif. De retour en Espagne, il se marie, fait ses débuts d'écrivain avec un roman pastoral, la Galathée, puis part un beau jour pour l'Andalousie. Pendant près de quinze ans, il y mènera la vie errante d'un collecteur de vivres et d'impôts. L'Eglise l'excommunie, la Justice l'emprisonne: deux expériences qui marqueront ce long séjour. En 1605, à cinquante-sept ans, il publie Don Quichotte. C'est un événement. Premier roman des Temps modernes, ce livre est aussi le premier best-seller de l'histoire de l'édition. En 1615, la seconde partie du Don Quichotte rencontre le même succès. Un an plus tard, sur son lit d'agonie, Cervantès achève Persiles, " le pied à l'étrier, et en proie aux angoisses de la mort ". Depuis lors, la légende a pris le relais de l'histoire.

    Parler de Cervantès, c'est s'attaquer à un mythe où le fabuleux, le certain et le vraisemblable sont inextricablement mêlés. Aussi le beau livre que nous propose Jean Canavaggio prend-il parfois l'allure d'une " enquête " à la Borges. A la recherche d'une vérité qui ne cesse de se dérober, dans le jeu de miroirs où se superposent la légende et l'oeuvre cervantine, on voit surgir, en profil perdu, un homme d'une surprenante modernité.

    Normalien, agrégé d'espagnol, docteur ès lettres, Jean Canavaggio est professeur à l'université de Paris-X-Nanterre et directeur de la Casa de Velázquez. Spécialiste du " Siècle d'or " espagnol, il a consacré une large part de ses recherches à la vie et à l'oeuvre de Cervantès et a coordonné, chez Fayard, une Histoire de la littérature espagnole en deux volumes.

  • A l'occasion du quatrième centenaire de la publication du chef-d'oeuvre de Cervantès, une étude du succès universel, dans la littérature, le cinéma, la musique, du personnage Don Quichotte.

  • Fruit d'un travail d'équipe, cette Histoire de la littérature espagnole entend combler une lacune: aucune synthèse comparable n'a jamais été publiée en France sur le sujet.
    Uouvrage traite exclusivement de la littérature péninsulaire de langue espagnole, selon un découpage en deux tomes qui comportent chacun une bibliographie raisonnée, une chronologie, un index des auteurs et un index des oeuvres.
    Ni palmarès ni panthéon, cette histoire, qui se veut cohérente, est, comme il se doit, une construction. Si les interprétations proposées sont situées par rapport à un état des connaissances, les enchaînements opères manifestent des choix: soit qu'on prenne acte du verdict des siècles, soit qu'on procède aux révisions Jugées indispensables.
    Ce premier tome s'ouvre avec le Moyen Age, dont il présente les principaux monuments: le Poema de mio Cid, le Libro de buen amor, La Célestine, le romancero. Il les replace aussi au sein d'un vaste paysage: celui que dessine, au fil des siècles, l'épanouissement de la poésie épique et lyrique, celui qui s'élargit à mesure que la prose conquiert de nouveaux territoires, jusqu'à l'apparition des premiers livres de chevalerie et des fictions sentimentales.
    Viennent ensuite les XVI, et XVII siècles: les deux Siècles d'or. On suivra le renouvellement de la poésie lyrique, de Garcilaso a Lope de Vega, de Herrera à Gongora, de Fray Luis de Leon à Quevedo. On verra aussi comment la prose de la Renaissance, sans s'interdire les explorations les plus hardies - il n'est que de citer les mystiques -, a imprimé un élan décisif au récit de fiction. Le Lazarillo de Tormès, les fables pastorales et les nouvelles mauresques précèdent ainsi Don Quichotte et l'avènement de la littérature picaresque: deux coups d'éclat qui marquent la naissance du roman moderne, sans qu'il faille méconnaître le parcours singulier d'un Quevedo ou d'un Graciàn. On découvrira enfin, avec l'essor du théâtre, le triomphe d'une Comedia dont Lope de Vega, avec ses disciples, a su imposer la formule, avant que ne lui donne son second souffle la génération de Calderon.

  • Fruit d'un travail d'équipe, cette Histoire de la littérature espagnole entend combler une lacune: depuis près de quarante ans, aucune synthèse comparable n'a été publiée en France sur le sujet.
    L'ouvrage traite exclusivement de la littérature péninsulaire de langue espagnole, selon un découpage en deux tomes qui comportent, chacun, une bibliographie raisonnée, une chronologie, un index des auteurs et un index des oeuvres.
    Ni palmarès ni panthéon, cette histoire, qui se veut cohérente, est, comme il se doit, une construction. Si les interprétations proposées sont situées par rapport à un état des connaissances, les enchaînements opérés manifestent des choix: soit qu'on prenne acte du verdict des siècles, soit qu'on procède aux révisions Jugées indispensables.
    Ce deuxième tome, en s'ouvrant sur le xviiie siècle, évoque, de Feijoo à jovellanos, l'éveil tardif de l'Espagne aux Lumières. Il s'attache aussi aux manifestations d'un plus ample renouveau: renaissance de l'esprit critique, invention de l'autobiographie, apparition d'une sensibilité «préromantique», régénération de la scène, essor de la presse.
    Avec le XIXe siècle se produit une rupture. Dans le sillage du romantisme, essayistes, poètes, dramaturges, romanciers marquent les nouveaux enjeux, idéologiques et esthétiques. Mais le tournant décisif correspond aux années 70: en poésie, à la suite de Bécquer, et, par-dessus tout, dans le roman, dominé par Pérez Galdôs et Clarin.
    Enfin, le Xxe siècle voit la poésie, le roman, l'essai, le théâtre emportés par un prodigieux élan créateur. Cet élan se dessine au lendemain de la crise nationale de 1898, incarné par Unamuno, Baroja, Machado, mais, également, par un Juan Ramôn Jiménez ou un Valle-Inclàn. Il se précise à travers l'apport d'un Ortega; à travers, aussi, l'épanouissement lyrique symbolisé par une génération, celle de 1927, que ne résume pas, si grand soit-il, le seul Garcia Lorca. Il se confirme enfin, depuis la fin de la Guerre civile, dans les multiples expériences où s'expriment les interrogations d'une Espagne tournée vers l'avenir.

  • En 1833, George Sand débute à Paris une carrière de romancière qui sera retentissante et hors-norme. À la même époque, Alfred de Musset fréquente les salons où son génie poétique commence à être reconnu. C'est alors que leur rencontre a lieu, marquant le point de départ d'une histoire d'amour et de ruptures à la mesure de leur talent.
    Avec une verve de chroniqueur, une précision d'enquêteur et un style incisif, Pierre Canavaggio nous transporte au XIXe siècle, dans le secret de la vie de ces deux amants. Reconstruisant leur liaison à travers leurs romans, les poèmes de Musset et leurs correspondances, il dévoile ce qu'ils ont écrit ou caché de leur amour, entraînant le lecteur dans les coulisses d'un épisode flamboyant de la littérature française.

  • Il ne sert à rien de se moquer des crédulités aux forces obscures nées avec l'humanité.
    Les superstitions vivront et dureront tant qu'il y aura des hommes. les grands capitaines, les grands navigateurs, voire les grands penseurs et les bâtisseurs d'empire, de châteaux en espagne, tous y ont cru - de newton à de gaulle, napoléon et goethe. platon a parlé de réincarnation, pythagore, de métempsycose. charlemagne, qui prenait les nuages du couchant pour une armée de magiciens venus ensorceler la france, n'en fut pas moins le plus grand empereur d'occident.
    L'histoire des superstitions le montre: qui ne se bat pas pour assumer son avenir est condamné au troupeau. en forçant les événements à entrer dans leur jeu, ceux qui ont façonné l'histoire du monde en ont donné la preuve.

  • Imaginez : vous croisez un chat noir un vendredi 13. Mauvais présage ou bon augure, selon vous ? Connues ou ignorées, cocasse ou inquiétantes, les superstitions sont nées en même temps que l'humanité. Cultivées au long des siècles, elles représentent, à leur manière, des avertissements de ce qui peut nous arriver de bon ou de mauvais, elles constituent un rapport à l'avenir.
    Mais d'où viennent ces prétendus signes du destin ? D'après Pierre Canavaggio, ils procèdent d'un incident fortuit qui peut devenir prémonitoire, d'une obsession, d'un mythe ou d'un fait historique, oublié mais célèbre en son temps. C'est ce qui explique qu'il s'en crée de nouvelles aujourd'hui encore.
    Dans cet ouvrage, il étudie les mécanismes qui en sont à l'origine et retrace leur évolution à travers les âges pour en analyser le sens.
    Qu'il s'agisse de susciter l'amour ou de le faire revivre lorsqu'il s'éteint, de provoquer la chance ou de trouver le bonheur, l'auteur passe en revue nombre de superstitions, des plus courantes aux plus méconnues, classées par ordre alphabétique sous trois thèmes (amour, chance, bonheur).

  • Notice sur Porto Farina (Tunisie), (port corsaire et arsenal des beys) : son passé, l'esclavage / par Paul Cézilly,... ; avec une étude sur l'état actuel, par A. Canavaggio,...
    Date de l'édition originale : 1912 Ce livre est la reproduction fidèle d'une oeuvre publiée avant 1920 et fait partie d'une collection de livres réimprimés à la demande éditée par Hachette Livre, dans le cadre d'un partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, offrant l'opportunité d'accéder à des ouvrages anciens et souvent rares issus des fonds patrimoniaux de la BnF.
    Les oeuvres faisant partie de cette collection ont été numérisées par la BnF et sont présentes sur Gallica, sa bibliothèque numérique.

    En entreprenant de redonner vie à ces ouvrages au travers d'une collection de livres réimprimés à la demande, nous leur donnons la possibilité de rencontrer un public élargi et participons à la transmission de connaissances et de savoirs parfois difficilement accessibles.
    Nous avons cherché à concilier la reproduction fidèle d'un livre ancien à partir de sa version numérisée avec le souci d'un confort de lecture optimal. Nous espérons que les ouvrages de cette nouvelle collection vous apporteront entière satisfaction.

    Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.hachettebnf.fr

  • Vichy tel quel (1940-1944) est le titre que Dominique Canavaggio a donné à son récit au jour le jour des événements qu'il a vécus à Vichy en sa qualité de correspondant du Paris-Soir de Lyon. Durant près de quatre ans, il a été, de par ses fonctions, en relations suivies avec Pierre Laval et les ministres de ses deux gouvernements. Il a également approché ceux des ministères Flandin et Darlan, ainsi que les membres de leurs différents cabinets.
    Il a aussi rencontré souvent des hommes qu'il connaissait à différents titres : d'anciens condisciples de la rue d'Ulm, comme Marcel Déat ou Pierre Pucheu, ainsi que des personnes dont il était devenu l'ami, tels Albert Chichery, Jacques Guérard ou Bernard de Chalvron. Le témoignage que ce livre nous apporte est précieux, compte tenu des conditions dans lesquelles ont été recueillies les impressions et les confidences des personnalités qui ont été approchées quotidiennement.
    Le contenu même des entretiens qui nous sont restitués avec une remarquable vivacité d'écriture contribue à en rendre la lecture d'un grand intérêt.

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