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L'Inventaire
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Joseph-Antoine d'Ornano poursuit, dans ce nouveau livre, sa quête des « instants de vie secrète », entamée dans «La grâce ou l'éloge des commencements» (L'Inventaire, 2021) et «Instantanés sereins» (L'Inventaire, 2023).
C'est aujourd'hui le « jardin public » qui guide sa plume et son pinceau, lieu où se croisent - se rencontrent ? - enfants et vieillards, amoureux et esseulés ; lieu qui, « mieux que la chambre, sait garder les secrets ».
Peintre et poète, Joseph-Antoine d'Ornano a l'art de déceler dans nos espaces quotidiens une vie profonde, une éternité qui nous dépasse tout en accompagnant le voyage de notre existence. Foin des quatre saisons dans le jardin public de l'auteur qui, ici, nous en propose une cinquième, « inventée »! -
On ne présente plus Didier Maus et sa grande carrière de spécialiste du droit constitutionnel français, d'universitaire et d'élu local, pour n'en citer que quelques aspects.
On sait moins, sans doute, qu'il a réuni, au fil du temps, une impressionnante collection d'« images de la République ».
Arts de la maison, assiettes et objets divers, bustes et statues, médailles, médaillons, affiches, cartes postales et photos, chromolithographies, dessins et gravures, journaux, menus, partitions musicales, et tant, tant d'autres choses, classées et accompagnées de notices des plus éclairantes - l'auteur a effectué un travail titanesque, d'une remarquable précision. Peu à peu se reconstitue le « paysage historique » de la République.
Sa collection, Didier Maus a résolu de la présenter en partie au grand public, à l'occasion de deux expositions. La première aura lieu du 12 juin à la fin du mois, à la Mairie du 6e arrondissement, à Paris. La seconde se tiendra à Avon, près de Fontainebleau, en septembre, dans le cadre des journées du Patrimoine. L'ouvrage que nous proposons ici en sera le catalogue -
Russie, printemps 2022. Deux hommes, dont le héros, partent à moto encadrer une mission humanitaire pour le Donbass. Ils découvrent un paysage de ruines, un terrain miné où le danger guette à chaque pas. Différentes formes de peur, aussi, dont celle qui « broie les tripes, mais libère le coeur ».
« Je suis venu dans ces terres de guerre demander aux dieux si je devais continuer à vivre, confie le nouvel Ulysse. J'étais las [...] Je ne voyais plus qu'en noir et blanc, la polychromie avait déserté mon cerveau. » Manifestement, la réponse a été positive.
Et c'est dans cette « zone grise » de la steppe, où, à côté de l'armée régulière, de nombreux groupes mènent leur propre guerre - une « guerre terrible entre frères siamois » -, que le héros trouve la vraie liberté, comme il l'a trouvée, auparavant, en d'autres terres floues de l'Afrique. Là également qu'il revoit sa Muse.
Géopoétique des « zones grises », folie douce ou moins douce, burlesque, grotesque, nourrissent ce roman qui a tout d'un poème épique. -
Journaliste et écrivain suisse, Victor Tissot (1844-1917) publie, en 1882, le récit d'un impressionnant voyage qu'il vient d'effectuer, de Leopol (aujourd'hui Lviv, en Ukraine), alors englobée dans l'empire d'Autriche, à Moscou.
Les éditions L'Inventaire rééditent aujourd'hui une partie de ce périple. Victor Tissot y relate son séjour dans les steppes du sud et de l'ouest, celles dont parle Anton Tchekhov dans son récit La steppe, puis son arrivée à Kiev.
On est frappé à la lecture de ce texte par la curiosité et l'ouverture d'esprit de l'auteur, par la qualité de son écriture et - plus tristement - par la dégradation qu'ont subie, depuis la Première Guerre mondiale, des régions alors en plein essor. -
En avril 1903, la ville de Kichinev (aujourd'hui Chiinu), capitale de la Bessarabie, est le théâtre d'un des plus effroyables pogroms qu'ait connus l'Empire de Russie. Deux mois plus tard, l'écrivain et essayiste Vladimir Korolenko (1853-1921) se rend sur les lieux pour tenter de comprendre ce qui s'est passé. C'est ainsi qu'il écrit «La maison n° 13», témoignage en huit courts chapitres sur les marques encore vives des crimes perpétrés. Ce texte ne paraîtra en russe que deux ans plus tard, sous la forme d'une petite brochure éditée à Kharkov. Publiée pour la première fois en français, «la Maison n° 13» s'accompagnera d'une biographie-bibliographie de l'auteur, ainsi que d' un rappel historique des faits et de la situation des populations juives de l'époque.
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Une fois encore, l'Arménie est menacée dans son existence même : par ses problèmes économiques et politiques notamment ; par le conflit dans le Haut-Karabagh ; par l'indifférence d'un Occident polarisé sur la guerre en Ukraine. Jeune écrivain et éditeur d'Erevan, Rouben Ichkhanian propose ici - à la demande des éditions L'Inventaire - une brève histoire de l'Arménie du début du XXe siècle à nos jours, à travers l'histoire de sa famille. Les lieux en sont multiples : Haut-Karabagh, Kokand, Soumgaït, Bakou, Stepanakert, Erevan, Spitak, Moscou, de nouveau Erevan. Ils correspondent aux différents bouleversements qui frappent la région et le monde : Première Guerre mondiale, effondrement de l'empire de Russie et rattachement du Haut-Karabagh à l'Azerbaïdjan pour les grands-parents ; effondrement de l'URSS, pogroms anti-arméniens de Soumgaït, tremblement de terre de Spitak, conflit du Haut-Karabagh et terribles années 1990 pour les parents ; découverte de la littérature étrangère, notamment d'Umberto Eco, décès du père, débuts dans l'écriture, études à Moscou, création d'une maison d'édition, « révolution douce » d'Arménie (mars-mai 2018) pour le fils. En 2020 et 2022, le Haut-Karabagh s'embrase à nouveau. Et demain ?
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L'arctique russe : Un nouveau front stratégique
Marlène Laruelle, Jean Radvanyi
- L'Inventaire
- Les Carnets De L'Observatoire
- 11 Septembre 2024
- 9782355970634
En quelques années, réchauffement climatique aidant, l'Arctique est devenu un enjeu stratégique majeur convoité par de nombreux acteurs. Parallèlement à la guerre en Ukraine, les régions russes de l'Arctique, la « Route maritime du nord » font partie des priorités du pouvoir russe qui prétend contrôler son espace maritime jusqu'au Pôle.
Ce septième Carnet de l'Observatoire fait le point sur les investissements russes en Arctique dans le domaine économique et les infrastructures civiles et militaires. Il analyse la projection géostratégique de Moscou dans cette région, en interaction avec les autr es acteurs, alliés ou adversaires -
Dans la continuité de "La grâce ou l'éloge des commencements" (L'Inventaire, 2021), Joseph-Antoine d'Ornano propose ici ce qu'il appelle des "instants de vie secrète", sous la forme de poèmes et de tableaux. Le peintre et poète qu'il est s'efforce de porter sur la vie et le monde un regard doux et tranquille - une tâche qui n'a rien d'aisé aujourd'hui. Les tableaux et poèmes d'"Instantanés sereins" sont apaisants, bienfaisants, comme l'était "La grâce", et ce n'est pas leur moindre mérite. Les livres de Joseph-Antoine d'Ornano recèlent aussi une part de mystère. À charge pour le lecteur de le découvrir. "Tout n'est pas donné", aime à répéter l'auteur. Peintre, auteur de nouvelles et d'essais, Joseph-Antoine d'Ornano a publié aux éditions L'Inventaire, outre "La grâce", un livre composé de ses tableaux : "Laissées éparses" (2012).
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Empreint d'une violence contenue, le recueil Contrepartie des flammes est une traversée intérieure dans laquelle les poèmes, sculptés, reconduisent au titre, dernier vers du dernier poème. Feu, matière, abandon, lumière, nuit, corps, esprit, sensualité, élévation en sont les maîtres-mots.
Simon de Gliniasty est poète et compositeur. Il a publié son premier recueil, Lac de désuétude, aux éditions Michel de Maule en 2005. Il est l'auteur d'un cycle de mélodies, Les nuits adverses, dont il a composé la musique, et d'un poème symphonique, Le sceau des mages, pour voix et petit orchestre - deux oeuvres lyriques qu'il donne régulièrement en concert.
Le recueil Contrepartie des flammes s'accompagnera de dessins de René Dürrbach. -
Curieux itinéraire que celui de Nicolas Berdiaev (1874-1948), passé du marxisme au christianisme, expulsé de Russie soviétique en 1922 comme « adversaire idéologique du communisme » ! En 1926, émigré en France, Berdiaev publie en russe cinq mini-essais traitant tous, de diverses façons, de « l'esprit bourgeois ». S'y expriment toutes les interrogations du philosophe, ses combats, sa volonté de placer au centre de tout la liberté et la personne. Pour Berdiaev, « l'esprit bourgeois », qui finit toujours par s'imposer (y compris dans la jeune Union soviétique), a pour conséquence de rendre l'homme esclave des choses (dont l'argent) et de l'ensemble du monde visible. Berdiaev lui oppose la personne, « totalité de la pensée, du vouloir, des sentiments, de l'activité créatrice, affranchissement de l'homme du monde extérieur, de la société qui cherche à l'absorber ». De l'esprit bourgeois est le premier ouvrage d'une collection de textes de penseurs de toutes origines, dont le questionnement, même ancien, se révèle d'actualité en ces temps de doute profond. Cette collection sera placée sous le double signe des éditions des Syrtes et des éditions L'Inventaire. La présente édition reprend, revue, la traduction parue en 1949 chez Delachaux & Niestlé (Neuchâtel).
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Le paradoxe de la politique étrangère française, ces dernières années, est qu'après avoir appelé de ses voeux un monde multipolaire, elle ne sait pas s'y adapter et entre, via le consensus européen, dans un système de blocs dont elle a longtemps contesté l'existence. Tirant les leçons de la guerre en Ukraine, échec manifeste de la diplomatie française, du projet de moins en moins réaliste d'une « Europe puissance », de l'évolution des liens de la France avec le monde arabe, l'Afrique et le « Sud global », l'auteur fait un bilan nuancé, mais sévère de notre politique étrangère. Pour lui, il y a urgence à réagir. Dans un environnement où apparaissent de nouveaux et puissants acteurs, il importe que la France retrouve les marqueurs traditionnels de sa politique étrangère et de sa diplomatie : respect des souverainetés et des spécificités nationales, recherche de la stabilité, attention portée aux aspirations des peuples... Bref, il s'agit de donner à la France sa place pleine et entière dans le monde qui s'annonce.
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La collection « Tabou » propose des textes courts, d'origines, d'époques et de langues diverses, ayant, pour une raison ou une autre, été interdits au moment de leur écriture. «La Falaise»« de Nijni-Novgorod» en est la première illustration. Boris Pilniak y traite de la révolution de 1917 dans la province russe, et des bouleversements que cet événement suscite au sein d'une famille : durant la guerre civile, le père choisit le camp des "Blancs", le jeune fils celui des "Rouges", la mère est partagée entre les deux hommes. Ecrit en 1927, ce texte est aussitôt censuré et ne paraîtra en Russie qu'en 1992. L'interdiction, en l'occurrence, n'a rien de politique. Le motif en est le thème, "tabou" par excellence, abordé par l'auteur : celui de l'inceste entre la mère et son fils.
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Un monde très proche du nôtre dans le temps et dans son évolution. Le progrès technique fait des ravages, les hommes ont des « puces » électroniques qui leur permettent de tout connaître sans effort. L'ère de l'écrit est révolue. Les livres papiers ont disparu, à l'exception de premières éditions, clonées à la demande, en un lieu secret situé dans les profondeurs du mont Manaraga (qui existe réellement, dans l'Oural). Ces premières éditions n'intéressent plus que des esthètes, prêts à mettre un argent fou pour les « consommer », au sens propre du terme ou presque. De jeunes gens ingénieux l'ont bien compris, qui ouvrent des book'n'grill, où l'on peut manger une succulente viande grillée au feu de pages de Tolstoï, Cervantès et autres.
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« J'ai un fabuleux projet, un projet planétaire ! Je l'ai appelé ZETA, dit le grand Zack. Il apportera enfin le bonheur à l'humanité qui m'en sera à jamais reconnaissante. » Quelques voix s'élèvent pourtant au sein de l'humanité béate : « Et la liberté dans tout ça ? » « Je m'en lave les mains », répond le grand Zack. Journaliste, écrivain, personnalité politique suisse, Guy Mettan, bien connu pour ses prises de position excluant le politiquement correct et le prêt-à-penser, s'attaque ici à un problème essentiel de nos sociétés, déjà posé par Dostoïevski dans son « Grand Inquisiteur » : le bonheur ou la liberté, cette dernière impliquant la responsabilité ? Par ce texte court, musclé, aux accents parfois pamphlétaires, l'auteur lance un cri d'alarme : voulons-nous vraiment de cet « avenir radieux » ?
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Tsigane née en France, Jeanne Gamonet a tout fait dans sa vie : elle a été avocate, a écrit des romans policiers, a travaillé pour le cinéma et la télévision. Elle a étudié un nombre invraisemblable de langues, dont le latin, le grec, le sanskrit, l'anglais, l'espagnol, l'italien, le portugais, le tadjik et, bien sûr, le rromani. Jeanne Gamonet propose ici 190 poèmes ¼ en trois de ces langues qu'elle maîtrise (il ne s'agit pas de traductions) : rromani, français, espagnol, consacrés aux Fils du Vent, les Tsiganes. Tsiganes morts sans sépulture pendant la Seconde Guerre mondiale, Gitans auxquelles Isabelle la Catholique faisait couper les oreilles en pointe parce qu'ils étaient des singes, la tragédie des Fils du Vent est bien présente dans ces poèmes. Mais il y a aussi l'amour, la passion, la sensualité, il y a la douceur d'une maison et d'un jardin, il y a le voyage, l'errance et, toujours et partout, la colère et la mélancolie.
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Nikolaï Karamzine est âgé de 24 ans lorsqu'il effectue son tour d'Europe, lequel dure deux ans - et quelles années : 1789 et 1790 ! Il parcourt l'Allemagne, la Suisse, la France où il assiste aux débuts de la révolution, enfin l'Angleterre d'où il regagne la Russie par bateau. Précisons qu'il parle l'allemand, le français et l'anglais.
Ses Lettres d'un voyageur russe sont écrites à l'intention de ses amis restés en Russie. Rédigées sur un ton alerte, elles témoignent d'une finesse et d'une intelligence des situations rares dans le monde littéraire russe du temps. Elles ne sont pas exemptes, en outre, d'humour et de pittoresque.
Diverses éditions (pas toujours disponibles aujourd'hui) ont publié en français des extraits des lettres. Celle que nous proposons contient, pour la première fois, l'intégralité de cette correspondance. Elle est l'oeuvre d'un jeune et brillant spécialiste du XVIIIe siècle russe : Rodolphe Baudin.
Homme de lettres et historien, Nikolaï Karamzine (1766-1826) est notamment l'auteur de la première Histoire de l'empire de Russie, c onsidérée comme un classique. -
Géopolitique du gaz russe ; vecteur de pouvoir et source de revenus
Aurélie Bros, Thierry Bros
- L'Inventaire
- Les Carnets De L'Observatoire
- 27 Novembre 2017
- 9782355970290
Troisième « Carnet de l'Observatoire » après «Russie-Europe : des malentendus paneuropéens » et« Russie : les enjeux du retour au Moyen-Orient», le livre d'Aurélie et Thierry Bros s'attaque à un domaine majeur concernant la Russie : le gaz et ses enjeux tout à la fois économiques, commerciaux, stratégiques, diplomatiques... Si, à partir des années 1970, la Russie soviétique est devenue, peu à peu, un État pétrolier et gazier, exportant de plus en plus de gaz en direction de l'Europe, la situation est en train de changer. La crise russo-ukrainienne a eu des répercussions sur la sphère énergétique, notamment gazière, ravivant le débat sur la menace potentielle d'une dépendance européenne vis-à-vis du gaz russe, tandis que le rapprochement sino-russe s'est intensifié. La tendance actuelle est une « sur-géopolitisation » des activités gazières russes, avec une tendance à la « sur-dramatisation » pour les exportations en direction de l'Europe et une « sur-idéalisation » dans les exportations en direction de l'Asie. Une telle vision occulte non seulement les enjeux économiques et financiers, mais aussi les rapports de forces qui tendent à s'exacerber sur le marché domestique russe pour l'accès aux marchés tant en Russie qu'à l'étranger.
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Ru.net : géopolitique du cyberespace russophone
Kévin Limonier
- L'Inventaire
- Les Carnets De L'Observatoire
- 20 Juin 2018
- 9782355970320
À tort ou à raison, la Russie s'est construit une image de « cyberpuissance » que les accusations américaines, en liaison avec l'élection de Donald Trump à la tête des États-Unis, renforcées par les récentes déclarations du nouveau président français, ont grandement contribué à façonner. Une certaine fascination s'est d'ailleurs installée, en Europe et surtout aux États-Unis, pour le rôle spécial que la Russie jouerait dans le cyberespace ; une véritable passion médiatique, que l'on retrouve dans les titres de presse et le choix d'un vocabulaire rappelant parfois les romans de John le Carré. La déconstruction du rôle que la Russie joue dans le cyberespace (et pas simplement dans la cyberguerre), à laquelle s'attaque Kevin Limonier dans ce quatrième Carnet de l'Observatoire, apparaît d'autant plus nécessaire qu'il s'agit d'un phénomène géopolitique susceptible d'intéresser bien au-delà du cercle restreint des quelques spécialistes du sujet. L'irruption de cet acteur désormais incontournable qu'est Moscou dans l'espace numérique pose avant tout la question de l'instrumentalisation politique (par la Russie comme par ses adversaires) d'un phénomène technique ayant acquis une telle importance stratégique que la lutte pour son contrôle est désormais susceptible de provoquer des guerres, de déstabiliser des régions entières, ou encore de priver les citoyens de certains de leurs droits les plus fondamentaux.
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Le sbiten, vous connaissez ? Non ? C'est une boisson au miel et au gingembre, chaude, parfumée, sucrée, que l'on déguste, l'hiver, dans les rues de Moscou. Avez-vous vu les rozvalnias, ces solides traîneaux qui acheminent par convois, vers la capitale, des monceaux de cochons, d'oies, de gélinottes ? Non plus ? Mais vous allez les voir, tandis qu'Ivan Chmeliov (1875-1950) vous contera Noël, au début du siècle, en Russie. Tel l'enfant auquel s'adresse ce récit, vous découvrirez la maison au parquet ciré pour les fêtes, la veilleuse devant l'icône, les gamins du quartier qui passent de maison en maison... C'est une Russie rude et généreuse que nous présente l'écrivain, depuis Paris où il a émigré. Une Russie fantasmatique, embellie par la nostalgie et qui, pareille au carillon de Noël, résonne en lui, longtemps après qu'elle a disparu...
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C'est en lisant le« Discours de la servitude volontaire» de La Boétie qu'Isabelle Cani a eu l'idée de« L'ère des indociles». En neuf nouvelles s'inspirant des évolutions et questions sociétales actuelles, elle s'interroge sur ce que pourrait être un monde dans lequel la notion d'autorité n'existerait plus. D'un texte à l'autre, dans lesquels on retrouve certains personnages, elle imagine une mutation progressive, qui rendrait les êtres incapables de comprendre ou de percevoir l'autorité, avec toutes les conséquences qui en découleraient. «Spécialiste de littérature comparée, Isabelle Cani enseigne aujourd'hui en classe préparatoire scientifique à Clermont-Ferrand. Elle a publié, en 2007, aux éditions Fayard, Harry Potter ou l'anti-Peter Pan. Elle envisage de poursuivre l'aventure intellectuelle et littéraire de L'ère des indociles, pour en faire une trilogie.»
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En 2018, Laurine Rousselet rencontre Carolyn Carlson, "poétesse visuelle", écrit-elle. Au cours des deux années suivantes, en résidence d'écrivain à l'université d'Orléans, elle travaille à un spectacle vivant, Émergence, ayant pour thématique "Le Corps en mouvement". Émergence devient aujourd'hui un livre (le cinquième de Laurine Rousselet publié aux éditions L'Inventaire). Dans ce texte où le son s'associe au silence pour articuler une parole en train de se faire, apparaissent, tour à tour et en continu, les quatre âges de la vie d'une femme - de l'enfance à la vieillesse. Cinq couleurs (vert, bleu, rouge, jaune, noir) y sont autant de repères sensibles.
Dans Émergence l'urgence de l'écriture trouve son souffle et son rythme dans un dialogue qui fait jaillir le besoin viscéral de dire. Émerge alors une parole libre, capable d'unir tous les langages dans un lieu indéterminé qui appartient à tous et à personne : le lieu du souffle et du mouvement.
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Trois filles, trois soeurs, à la Tchekhov. Trois soeurs qui, toutefois, ne sont pas réunies dans la même maison et ne crient pas "à Moscou, à Moscou !" : l'une vit aux États-Unis, l'autre en Allemagne et la troisième en France. Ce sont des femmes des XXe et XXIe siècles. Chacune a mené et mène sa vie tambour battant, jusqu'au moment où l'une d'elles, Nathalie, apprend qu'elle n'a pas le même père que les deux autres. Leurs parents n'en ont jamais rien dit.
Qui est donc le père biologique de Nathalie ? Les trois soeurs vont se réunir pour mener l'enquête, laquelle implique un "retour à Constance", en Allemagne, où elles ont vécu toutes les trois, petites.
Retour à Constance, donc, une bonne cinquantaine d'années après, ce qui implique un retour à l'immédiat après-guerre. -
Après le recueil Je suis nombreuses. "Quinze poètes géorgiennes", paru en 2021 et quasiment épuisé, L'Inventaire récidive dans son exploration de la poésie géorgienne contemporaine. On garde le traducteur, Boris Bachana Chabradzé : les très bons traducteurs de poésie - surtout du géorgien en français - ne courent pas les rues. On garde le papier intérieur du précédent volume, ainsi que le papier de création de la couverture : la poésie mérite certains égards. La grande nouveauté concerne l'auteur. "En attendant l'été" est un choix de poèmes d'un seul auteur, un homme qui plus est... pour changer. Né en 1978, spécialiste de littérature allemande, Nika Jorjaneli est presque un « classique » vivant de la poésie géorgienne. Douce tristesse face à la vie qui passe, ironie suscitée par les absurdités de notre temps - Nika Jorjaneli, mine de rien, sans insister, va au plus profond, touche au coeur. Le titre du recueil est celui d'un des poèmes.
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De la vulgarité en littérature ; divagations sur un thème
Aldous Huxley
- L'INVENTAIRE
- 6 Avril 2009
- 9782910490973
Surtout connu pour son Meilleur des Mondes (1932) et ses Portes de la Perception (1954) dont la génération hippie devait s'inspirer, Aldous Huxley (1894-1963), homme de lettres anglais, installé aux Etats-Unis dès 1937, montre, tout au long de son oeuvre, un intérêt profond pour ce qu'il nomme la "situation humaine". Son ultime texte, Literature and Science (1963), en témoigne tout particulièrement.
Souvent considéré comme un auteur de science-fiction, Huxley est en réalité un érudit éclectique, curieux, sceptique. Ses analyses, d'une vertigineuse simplicité dans un mouvement subtil de métaphores, de mises en abyme et de paradoxes frappants, sont étrangement annonciatrices de notre XXIe siècle. Ses nombreux essais littéraires et philosophiques, dont De la vulgarité en littérature (1930), considéré dans le monde anglo-saxon comme un texte important, sont insuffisamment connus et cités en France.
En 1930, Huxley, qui a acquis une notoriété parfois scandaleuse, écrit, en France, De la vulgarité en littérature. C'est dans un dialogue incessant entre espaces, temps, corps et champs de la connaissance, étroitement liés à ceux de l'expérience, qu'il déroule sa réflexion, en pratiquant un jeu d'alternances et de contradictions, proposé avec sagacité à la sagacité du lecteur. Et la conclusion reste ouverte.
Méditation sur l'art, la philosophie et l'histoire, les moeurs, la morale, la culture (ou l'inculture) moderne, ce texte profondément littéraire pose la question du rôle que l'écrit peut jouer dans notre société, en particulier dans les relations que doivent entretenir la science et l'art.
La vulgarité, mot que s'approprie Madame de Staël à l'aude du XIXe siècle (1800), après la Révolution française, pour désigner une nouvelle société qui s'écarte de l'idéal des Lumières, incarne bien l'instabilité des normes : on est toujours le vulgaire de quelqu'un. Ce que montre implicitement Huxley, c'est la fragilité, la vanité de l'homme face aux cycles de la vie et aux irréversibilités du processus créatif (qui tend, par là, à l'entropie). L'homme a-t-il une action sur le monde? Le balancement incessant des états qu'il traverse peut faire l'objet d'une métaphore poétique, à condition que l'individu en accepte modestement le secret, c'est-à-dire l'impossibilité d'une connaissance totale.