Utopia

  • La colère et la joie, que penser de cette association apparemment paradoxale ?
    Comment faire un bon usage de l'énergie créatrice de la colère, voire de la rage au sens de « rage de vivre » lorsqu'elle s'avère légitime, sans qu'elle ne devienne la source d'une révolte destructrice ou désespérée ?
    Comment, au coeur des bouleversements actuels, faire appel aux émotions sans que celles-ci nous entraînent sur la voie dangereuse du couple excitation /dépression, ou celle des « passions tristes », selon l'expression du philosophe Spinoza ?
    Comment développer la capacité de nos collectifs humains - qu'ils soient nationaux, religieux ou sociaux - à vivre ensemble et à savoir «s'opposer sans se massacrer», face au basculement dans la violence, ajoutant aux risques écologiques actuels de destruction de nos écosystèmes vitaux celui de notre propre autodestruction ?
    En d'autres mots, il s'agit de promouvoir une radicalité créatrice et non destructrice et ainsi créer les conditions, face aux multiples régressions émotionnelles que provoquent les peurs, d'une véritable intelligence sensible dont le moteur est la Joie de Vivre.
    Dans ce livre, l'auteur, « philosophe praticien » au sein de nombreux mouvements de transformation sociale et écologique, proche d'Edgar Morin, expose et contextualise ses réflexions et propositions autour du rapport à la violence et la gestion des conflits. Il souligne par ailleurs l'importance des médiations, les forces et les limites de la désobéissance civile et que l'éthique de responsabilité ne peut s'exonérer de l'éthique de conviction.
    Conscient des échecs, depuis plusieurs décennies, des mouvements civiques et politiques à construire du commun partagé, il propose de nouvelles pratiques démocratiques permettant «la construction de désaccords féconds» pour que l'adversaire se substitue à l'ennemi et que les oppositions deviennent source de richesses.
    Patrick Viveret est partisan et artisan de la méthode Archipellique (au sens d'Edouard Glissant), afin que le pouvoir de domination se transforme en pouvoir de création, que le pouvoir «sur» devienne un pouvoir «de».

  • Par notre appartenance à l'appareil de production, par notre consommation mais aussi par certaines de nos attentes, nous sommes inscrits pleinement dans l'ordonnancement d'un monde qui nous entraîne vers des catastrophes, alors que ce monde ne nous satisfait pas, individuellement comme collectivement. Malgré cela, rien actuellement ne semble devoir ébranler profondément cet ordonnancement. Le célèbre There is no alternative thatchérien domine l'esprit de nos dirigeants, mais aussi celui de beaucoup de nos concitoyens.
    Ce livre propose de récuser ce renoncement et d'envisager quelles seraient les alternatives que nous pourrions choisir pour ne pas subir l'ordre du monde tel que nous le vivons au quotidien. L'auteur en a retenu quatorze - dans les domaines écologiques, économiques, moraux, politiques ou existentiels - qui pourraient changer cet ordre mortifère actuel.
    C'est sur le plan politique et démocratique que les sociétés néolibérales suscitent le plus grand rejet. En effet, il n'est jamais question dans les échéances électorales de choix de société à proprement parler, parce que les principes du néolibéralisme sont inscrits dans le marbre et ne sont pas sujets à débats. Toute parole dissidente sur ce plan est immédiatement discréditée par la référence aux régimes totalitaires communistes du passé ou comme étant de nature liberticide. Pourtant l'histoire ne s'est pas achevée avec la fin du communisme. Certes, le consumérisme s'est laissé libre cours, sous l'influence notamment du numérique et d'internet. Et dans la continuité des décennies précédentes, le dumping économique et écologique est devenu la règle d'or du capitalisme à l'âge de la mondialisation.
    Mais de nombreuses alternatives sont également apparues, dans le reflux du messianisme révolutionnaire. Avec la prise de conscience universelle du réchauffement climatique, de l'effondrement de la biodiversité et de l'épuisement des ressources, de nouvelles manières de penser l'économie, le rapport au temps, l'alimentation s'imposent peu à peu à la conscience du plus grand nombre. Dans ce livre, l'auteur présente ces alternatives qui ouvrent un espoir dans un monde qui s'approche du chaos et de l'effondrement. À l'opposé des passions tristes, elles peuvent s'avérer enthousiasmantes.

  • Cette fin de décennie aura été marquée par une série d'évènements extrêmes plongeant la France dans la réalité des dérèglements climatiques. De « la maison brûle et nous regardons ailleurs » à la Convention citoyenne sur le climat, ce livre décrypte près de vingt ans de politiques climatiques et déconstruit le mythe d'une excellence climatique française. Il fait le tri entre les discours des présidents français, les illusions qu'ils génèrent et leurs échecs à réduire l'importante empreinte climatique de la France. Car si Emmanuel Macron aime à s'afficher en champion du climat, il s'inscrit en réalité dans la continuité de ses prédécesseurs qui, comme lui, ont privilégié l'esbroufe politique à l'action climatique. Face à ce constat, cet ouvrage expose trois ruptures politiques essentielles : avec une vision économique fondée l'extraction des ressources naturelles et la consommation de produits neufs, avec les pratiques des responsables politiques.

  • Quelle agriculture voulons-nous ? Avec combien de paysan.ne.s ? Avec quelle dynamique territoriale ? Pour quelle alimentation ? Quels effets a-t-elle sur la santé et l'environnement ? Qu'entend-on par cause animale et cause paysanne ? Quelles complémentarités entre végétal et animal ? Quelles différences entre élevage paysan et productions animales industrielles ?

    Ce livre a vocation à interpeller, faire réfléchir, animer les débats. Le recueil de paroles de celles et ceux qui font et vivent la nature au quotidien est indispensable et il est important de le partager. Car les systèmes vertueux de polycultureélevage et de pastoralisme sont réduits au silence médiatique alors que leur rôle est majeur pour l'équilibre des écosystèmes de notre planète, y compris dans la lutte contre le changement climatique.
    Cet ouvrage ne se situe pas dans l'idée d'imposer une parole de vérité mais bien d'apporter de la complexité là où certains voudraient simplifier le débat à outrance. Il dénonce donc deux impasses : l'agriculture et l'élevage industriels ainsi que l'abolition de l'élevage prônée par l'idéologie végane.

    La Confédération paysanne défend l'élevage paysan, incontournable pour nos écosystèmes. Supprimer cet élevage n'empêchera pas, bien au contraire, l'agriculture industrielle de prospérer et la nature de se détériorer. Par contre, supprimer l'agriculture industrielle signifiera de fait la fin des productions animales industrielles. La généralisation de l'agriculture paysanne s'appuiera sur bien davantage de polyculture-élevage et de complémentarité végétal/animal où le lien au territoire est constitutif du système agroécologique. Cela nécessitera bien plus d'éleveurs et d'éleveuses qu'aujourd'hui mais induira de fait une baisse de la consommation de produits animaux et une alimentation plus diversifiée.

    Tout au long de ce livre, nous retrouverons les propositions concrètes de la Confédération paysanne sur ces questions liées aux relations entre les humains et les autres animaux, et plus largement avec le monde vivant.

  • « Rapprocher le pouvoir du citoyen », instaurer la « démocratie participative », soutenir le « développement territorial » et l'économie « de proximité »...
    Aujourd'hui, ces mots d'ordre localistes et décentralisateurs se retrouvent dans tous les discours politiques, de la gauche à l'extrème-droite en passant par la droite et les socio-démocrates.
    A l'approche des élections municipales, on assiste à une surenchère. La participation des habitants et les promesses de changement « par en bas » sont dans tous les programmes. Les démarches et les listes « citoyennes », plus ou moins instrumentalisées par les partis traditionnels, se multiplient. Même le président de la République s'affiche localiste : en réponse à la crise de « Gilets jaunes », il promet une nouvelle phase de décentralisation pour la deuxième moitié de son mandat. A en croire nos élites, c'est donc par l'action municipale ou régionale que les problèmes économiques, sociaux, environnementaux ou démocratiques pourraient être résolus...
    Ce livre s'attache à déconstruire ce mensonge. Car la mondialisation, elle, ne rapproche pas le pouvoir du citoyen, mais l'éloigne considérablement. Les décisions économiques sont concentrées aux mains des grandes firmes et de leurs actionnaires, et s'imposent aux peuples par-delà les principes démocratiques. Les droits sociaux sont en régression permanente à cause de la concurrence internationale. Et la classe politique n'en finit plus de se discréditer en obéissant aux injonctions des marchés.
    La « mondialisation heureuse » ayant fait long feu, c'est le « localisme heureux » qu'à présent on cherche à nous vendre. Le terroir et les circuits courts pour compenser les ravages de la mondialisation. Le régionalisme pour masquer le désengagement de l'État, la destruction ou la privatisation des services publics.
    Cette « Illusion localiste » doit être dénoncée. Non pas que l'action de proximité soit négligeable, car s'engager dans la vie locale est tout à fait nécessaire. Mais pour sortir du piège de la mondialisation, cela ne suffit pas. Plutôt que d'opposer l'action locale et celle de l'État, mieux vaudrait les articuler.

  • Les migrations sont à la fois une réalité et un fantasme, avec un formidable décalage entre les deux. Mais c'est une vraie question, qui va encore prendre de l'ampleur avec les suites du dérèglement climatique. D'où l'importance de l'aborder sérieusement, sans arrières pensées politiciennes ni démagogie.
    En s' appuyant sur des travaux d'experts, sur des études et des rapports d'institutions internationales et d'associations, ce livre a pour objet de déconstruire les principales idées reçues sur les migrations mais aussi d'avancer des propositions pour permettre d'avoir une politique capable de répondre aux enjeux et aux défis.
    Comment se résigner à ce que la Méditerranée devienne un cimetière? Notre politique migratoire, à la fois inhumaine et indigne, est aussi inefficace et coûteuse socialement comme économiquement. Bref, son impasse est totale. Pourtant les migrations peuvent aussi être une richesse, sociale, culturelle et économique, comme son histoire en France l'atteste.

  • Effondrement? Le sujet est inquiétant mais aussi passionnant. Le foisonnement des débats et l'extension récente de cette interrogation à plus large public le confirment. Les auteur.es exposent dans ce livre leurs cheminements et réflexions sur cette question, puis les présentent et les confrontent à d'autres citoyens. Ceci afin de comprendre comment ce thème est appréhendé et quelles réactions il entraîne, au niveau de l'esprit et du corps. Mi-récit mi-essai, à la fois décalé, incisif, accessible et drôle, ce livre mêle argumentations scientifiques, observations de terrain et intuitions. Il est le résultat de plusieurs voyages simultanés: les parcours des auteur.es; leur voyage à vélo sur le thème de l'effondrement; la création et l'évolution de leur éco-lieu de vie collectif et leur vision pour les années à venir. Son objectif, en distinguant ce qu'il faut accepter et ce sur quoi nous pouvons agir, est d'inviter à l'action afin de développer nos résiliences individuelles et collectives.

  • L'énergie est à chaque instant au coeur des activités humaines. Besoin vital, elle est le carburant de notre civilisation. Le contrôle de sa production et de sa distribution est donc hautement stratégique.L'énergie est de ce fait une source de conflits, voire de guerres. Son exploitation et sa consommation, très inégalitaires, accentuent les déséquilibres entre nations riches et pauvres et entraînent des risques majeurs pour l'homme et son environnement. Aujourd'hui, les services publics de l'énergie sont attaqués partout sur la planète,niant aux citoyens tout droit de regard sur cette industrie qui les concerne dans leur quotidien et leur devenir.L'objectif commun à toutes ces attaques: privatiser les bénéfices,socialiser les pertes et déployer une concurrence sauvage. Ce livre revient sur l'histoire de la propriété des énergies et propose de reconstruire un service public des énergies qui réponde aux enjeux sociaux et environnementaux de notre époque.

  • Entre le privé et le public, les communs sont de retour et ce n'est pas un effet de mode. Un peu partout dans le monde, nous assistons à une renaissance des communs.
    On redécouvre qu'ils n'ont jamais disparu : on estime que près de deux milliards de personnes utilisent le principe de communs pour des biens et services de leur vie quotidienne.
    Cette renaissance n'est pas un hasard, plusieurs facteurs en sont la cause :
    - l'apparition grâce au numérique des communs informationnels. On peu citer les logiciels libres, Wikipédia, les licences Créative Commons...
    - les dangers de la privatisation du monde et du vivant par les transnationales ou les plus riches, générant conflits, inégalités et destructions écologiques. Ou à l'inverse les échecs du tout étatique, à la gestion souvent lourde et bureaucratique.
    - la marchandisation du monde qui entraine des attaques permanentes contre les communs matériels ancestraux et les abus de la propriété intellectuelle.
    - le Prix Nobel d'économie donné à Éléonore Ostrom en 2009 pour son analyse de la gouvernance économique des biens communs.
    A travers dix idées recues, ce livre interroge les communs et repose la question taboue de la propriété et de l'héritage, donc des rapports de pouvoir. Car toute extension du domaine des communs entraîne la remise en cause des pouvoirs donnés aux propriétaires, qu'ils soient privés ou publics.
    Dans sa partie propositions, cet ouvrage, vulgarisateur et pédagogique, prône la priorité donnée à la valeur d'usage et l'existence ou l'extension dans de nombreux domaines d'une propriété communale associée non à des individus mais à une collectivité.
    Les communs, alternative à la société du tout marché, réponse à l'offensive néolibérale, dépassement du capitalisme et de l'étatisme, revolution du XXI ème siècle?
    Nous verrons que c'est peut-être un peu tout cela.

  • Vingt-quatre ans de COP*. Depuis un quart de siècle, les négociations sur climat font quasiment du surplace tandis que les émissions de GES poursuivent leur ascension. Fin 2018, la COP 24 s'est passée comme si le dernier rapport spécial du GIEC sur l'urgence climatique n'avait pas existé. Les États sont parfaitement instruits des dégradations rapides des écosystèmes mais s'en préoccupent-ils vraiment? Le moment est venu de nous intéresser aux causes politiques ainsi que sur le rôle des COP et des Sommets de la Terre. La structure du capitalisme et sa mondialisation à l'ère des énergies fossiles fournissent-ils des éléments de réponse ? Pour mieux orienter les actions encore possibles, cet essai, avec son éclairage historique du capitalisme fossile, explique à la fois la logique du désastre annoncé, la farce des COP et et les investissements des milieux d'affaires dans la géo-ingénierie du climat.

    *Conference Of the Parties, soit les conférences internationales pour le climat.

  • Femen ; manifeste

    Collectif

    • Utopia
    • 1 Mars 2015

    Le Manifeste des FE MEN est le premier ouvrage écrit par l'équipe internationale du désormais célèbre coll ectif féministe.
    Par l'originalité et le retentissement de leurs actions, ce groupe de militantes ébranle les fondements du patriarcat et renouvelle l'action féministe. Après avoir suscité beaucoup de commentaires, souvent approximatifs ou superficiels, les FEMEN ont décidé d'exposer les idées et les motivations qui sous-tendent leur engagement. Par la diffusion de ce qui est une véritable déclaration politique, les mots viendront compléter et renforcer les images.
    Historique, motivations, convictions, mode d'actions, manifestations seins nus, sextrémisme, slogans, cibles principales. Les FEMEN décrivent et analysent dans ce livre les différentes facettes de leur combat contre la plus haute et plus profonde forme d'oppression que les femmes aient à subir, à savoir le système patriarcal.
    Les FEMEN, par leurs actions courageuses, réclament l'égalité entre les femmes et les hommes en se réappropriant leur corps. Si le corps nu féminin servait jusqu'alors un système de domination masculine, il entend désormais être l'outil de sa révolution.
    Cet ouvrage se termine par une «lettre ouverte aux femmes du monde» où il est dit notamment : « Aucune culture, aucune tradition, aucun milieu social, aucun conte millénaire, aucune loi médiévale ne saurait justifier l'oppression d'un sexe par l'autre et c'est à nous toutes qu'il incombe de renverser ce système. »

  • LA LANgue N'eST pAS NeuTre . Les mots, les symboles, les règles qui régissent son usage marquent nos esprits et rejaillissent sur nos actes, sur nos manières d'être au monde et de le penser.
    Ce livre a pour but de faire connaitre l'histoire de la construction et les pratiques actuelles d'une langue qui, par sa structure patriarcale et par le (bien nommé) genre grammatical, se révèle bel et bien sexiste. Il propose d'aller plus loin que les timides réformes récentes et d'exprimer ce que voudrait dire le féminisme par les mots et la grammaire.
    SI L'oN ABorDe CeTTe queSTIoN SouS uN ANgLe fémINISTe, on peut dire que notre lan- gage est triplement problématique et ce pour une seule raison : il est genré. C'est à dire qu'il est imprégné d'une vision dichotomique, naturalisée et hiérarchisée du monde vivant et plus particulièrement du genre humain. Ce faisant, notre langage invisibilise le féminin au profit du masculin et ne permet pas de (se) parler, de (se) penser aisé- ment hors de la dichotomie du genre, de la féminité et de la masculinité, puisqu'il nous impose (du moins en français académique) de rappeler de manière quasi permanente à laquelle des deux « classes » de sexe appartient un être humain.
    S'il est plus que temps de poursuivre l'assaut engagé contre les plus évidents archaïs- mes de la langue française, il convient tout autant de lutter contre des pratiques depuis trop longtemps en opposition avec la vision égalitariste et émancipatrice que porte le mouvement féministe. Cela entraîne une critique de la grammaire actuelle et plus particulièrement du genre grammatical.

  • Ce livre interroge : pourquoi le temps long, qui est la norme dans le monde physique, végétal et animal, s'applique-t-il de moins en moins aux affaires humaines ? Pourquoi, si nous avons compris que nous sommes entrés dans l'ère de l'anthropocène, restons nous incapables de comprendre comment y vivre durablement?
    Cet essai explique à quel point la tyrannie du court-terme, résultat des rationalités technoscientifiques, économiques et politiques à l'oeuvre dans les démocraties libérales, reste orientée vers l'exploitation et la destruction du monde. Quelque chose s'est donc détraquée dans la pensée occidentale, qui la rendrait incapable de s'insérer dans le temps long.

  • Après les migrations, l'énergie, le travail, le Mouvement Utopia a consacré un temps important de sa réflexion collective à l´alimentation. Le résultat en est cet ouvrage Agriculture et alimentation, idées reçues et propositions.

    L'alimentation est le premier des besoins naturels des êtres humains, mais il correspond aussi à des pratiques culturelles essentielles pour nos sociétés. Besoin, plaisir, créatrice de liens sociaux... l'alimentation est au coeur de nos modes de vie individuels et collectifs. Pourtant nous avons laissé la loi du profit des industries agroalimentaires s'exprimer sans réelles contraintes. Les politiques auraient-ils abdiqué devant cette puissance industrielle? Aujourd'hui, les transnationales de l'agroalimentaire, les puissants groupes semenciers et les fabricants de pesticides décident de qui doit manger quoi.
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    En faisant ce travail de déconstruction des idées reçues sur l'agriculture et l'alimentation, puis en proposant des pistes de reconstruction, ce livre volontairement synthétique contribue à donner des outils à toutes celles et à tous ceux qui désirent changer les choses en profondeur dans ce domaine.

    " L'intérêt majeur de cet ouvrage : ses auteurs ne se limitent pas à dénoncer nos idées reçues les plus erronées ; ils formulent aussi très clairement des propositions concrètes de politiques agricoles pour promouvoir une agriculture paysanne alternative. Et le lecteur découvrira que bien d'autres formes de " modernisation " agricole sont envisageables dès aujourd'hui, pour nous livrer à tous une alimentation plus saine, générer des emplois agricoles plus nombreux et mieux rémunérés, et fournir de multiples services d'intérêt général, sans causer de dégâts environnementaux ni porter préjudice aux paysanneries du Sud. À dévorer sans modération. " Extrait de la préface de MARC DUFUMIER (Agronome, professeur émérite à AgroParisTech, expert auprès des Nations Unies et de la Banque Mondiale).

    Le Mouvement Utopia :
    Trait d'union entre le mouvement social, le monde politique et le monde intellectuel, Utopia se définit comme une coopérative citoyenne et politique. Laboratoire d'idées, mouvement transpartis à gauche, ONG, maison d'Edition, maison de Production, mouvement de résistance et d'expérimentations concrètes... Utopia est tout cela à la fois.
    Le Mouvement Utopia défend ses convictions altermondialistes et écologistes dans une perspective de dépassement du capitalisme et de la logique productiviste.

  • Et si notre civilisation était au bord de l'effondrement ?
    Au regard de notre monde toujours plus inconséquent et complexe, cette interrogation n'est plus réservée aux scénaristes de science-fiction : elle est de plus en plus présente chez de nombreux chercheurs/euses de tous horizons.
    Les « crises » financière, économique, écologique, climatique, sociale, démocratique, iden- titaire, politique. ne sont-elles que des « crises », ou le mal est-il bien plus profond ?
    Assiste-t-on à la fin d'un modèle de société qui s'est étendu à l'ensemble du monde en quelques siècles seulement ? Face à cela, aucune politique prônée par les partis de gouvernement n'est capable d'enrayer ce processus.
    Pour autant, que peut signifier ce concept d'effondrement ? Suivons-nous la trajectoire de l'empire romain ou de la civilisation maya ? Devons-nous voir l'explosion des inégalités et des tensions sociales comme des signes avant-coureurs de cet effondrement ? Ne dissimule- t-il pas un nouvel avatar destiné à masquer les rapports d'exploitation et de domination entre les classes, sous prétexte que l'ensemble de la société serait « dans le même ba- teau » ?
    Partant de ces questions, ce livre a pour but de questionner cette notion, en particulier sous l'angle de la ségrégation spatiale. On en vient alors à considérer l'effondrement comme un monde de plus en plus fragmenté dans lequel coexistent des personnes ren- fermées sur leur prospérité derrière des murs sans cesse plus hauts, alors que de l'autre côté toujours plus de populations en subissent les conséquences et ne ramassent que les miettes des richesses produites.
    Une fois analysées sous l'angle de leurs responsables, les turbulences que traverse notre monde et l'amplification annoncée des catastrophes prennent ainsi un tout autre visage, permettant à l 'auteur de poser les bases d'un nouveau système plus juste et plus durable.

  • Autrefois élément emblématique de la distinction entre pensée de droite et pensée de gauche, entre discours de gouvernement et discours d'opposition, le réalisme apparaît aujourd'hui comme un mot-repère qui illustre parfaitement la dilution des clivages traditionnels. Omniprésent depuis quelques décennies y compris dans les discours dits de gauche, il est devenu une injonction contemporaine particulièrement vivace. Le chantage au réalisme est ce qui a fait dériver le parti socialiste d'une pensée de gauche vers une pensée de droite.
    Réalisme est un mot de pouvoir, au sens où il est une arme de déconsidération massive : le brandir, c'est abolir et anéantir aussitôt toute alternative, tout discours d'opposition ; l'invoquer, c'est renvoyer immédiatement l'autre à ses idéaux, à son utopisme, à son romantisme. Le réalisme n'admet pas la réplique. Il impose et s'impose en ce qu'il fait passer la réalité du moment pour le réel. C'est une injonction à ne pas imaginer, concevoir, revendiquer la possibilité d'autres mondes. C'est une assignation à se soumettre, à dire oui au monde tel qu'il est. Ou tel qu'il va.
    Dans les discours prononcés « au nom du réalisme » apparaît une constellation sémantique où brillent l'efficacité, le pragmatisme, la lucidité, qui permet de construire une posture de supériorité, très didactique. Se présentant toujours comme un impératif, le réalisme est donc une arme à double tranchant, entre évidence et discrédit.
    Si le réalisme implique un « ça va de soi », on constate en revanche que le mot, tel qu'il est employé, ne va jamais de soi. Et se trouve régulièrement pris dans un acte de nomination complexe, au sein d'énumérations disparates ou d'énoncés qui tendent à le redéfinir (« Le réalisme, c'est... », « le réalisme n'est pas... ») ou à le paraphraser (« le réalisme, c'est-à-dire... »). Autant de précautions oratoires et de réticences qui traduisent la complexité de ce mot puissant, performatif mais paradoxal, absolument plurivoque. Un mot-caméléon, dont la vacuité et la transparence accentuent le caractère d'évidence et que le discours politique pourra à loisir investir selon ses vues.
    Mais de quoi réalisme est-il le nom exactement ? En analysant un large éventail de discours officiels sur une période de près de quarante ans, de Georges Pompidou à Manuel Valls, de Michel Rocard à Emmanuel Macron, cet ouvrage se propose de mieux comprendre le pouvoir d'un mot d'ordre, un mot de et du pouvoir.

  • Jamais les thèmes écologiques n'ont été aussi présents dans les esprits, jamais les déclarations des médias, des politiques, des scientifiques et des citoyens n'ont été aussi nombreuses et centrales sur ces questions. Pourtant et paradoxalement, les acteurs de l'écologie politique semblent peu audibles et marginalisés.

    Est-ce, version optimiste, parce que ses thèmes ont été récupérés et repris par d'autres formations politiques ? En partie oui, et on ne peut que s'en féliciter. Mais avec la précipitation des urgences, la multitude des solutions à proposer et l'exigence démocratique, l'écologie politique doit aussi se réinventer pour répondre aux nouveaux défis. C'est l'objet de ce livre.
    Quand l'écologie politique avait su, à la fin des années 60, ouvrir de nouveaux horizons comme la critique de la croissance ou l'épuisement à venir de nos ressources énergétiques, elle semble aujourd'hui buter sur les transformations récentes de l'habitat et de la ville globale, sur notre rapport à la démocratie et au corps, sur les évolutions du travail et de l'entreprise. Tout est bouleversé, tout doit être repensé.

    A quels nouveaux défis l'écologie politique est-elle aujourd'hui confrontée et comment aborde-t-elle les nouveaux visages du capitalisme : financiarisé, globalisé, courtermiste et hors-sol, épuisant le vivant sous toutes ses formes ? Comment se situe-t-elle par rapport à la technique, aux Civic Tech, au transhumanisme et à l'intelligence artificielle, aux communs, à l'éthique animale, à la collapsologie...?

    La crise de la temporalité, qui se double d'une crise de notre rapport au lieu et au territoire, exige non pas un programme clé en main, mais une réflexion ouverte, nourrie des apports de la philosophie et des sciences sociales, de nos propres impasses politiques mais aussi du désir, plus fort encore, d'ouvrir de nouveaux territoires de sens.

    De l'homme augmenté à l'homme jetable, de la réforme de l'entreprise à la crise de la démocratie, de la ville dans tous ses états à l'éloge de la lenteur ou du silence, cet essai nous invite à penser l'écologie politique à l'heure de tous les excès et de tous les dérèglements.

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