Krakoen

  • Lily Verdine n'a pas la frite depuis l'affaire de la Croisière jaune. Son toubib lui conseille de soigner sa déprime en changeant de décor. « Pourquoi pas dans le patelin provençal de mon adolescence avec pour seul programme une convalescence paisible », songe-t-elle.
    Convalescence paisible, tu parles ! : à une encablure de son auberge, un incendie attisé par un mistral à renverser des couleuvres ravage l'usine d'une vieille connaissance. Comme on retrouve dans les décombres le cadavre du vieux gardien, notre détective privée ne peut s'empêcher d'aller y fourrer son nez. Elle a tôt fait de renifler une escroquerie à l'assurance commise par le patron. Mais les flics alpaguent rapidement le coupable idéal, un ouvrier rebelle qui clame sa haine des exploiteurs.
    Lily revigorée par l'action sillonnera la Provence en tout sens, de l'arrière pays à Marseille, pour démêler ce sac de noeuds qui pue la sueur et la mort.

  • Coup de foehn

    Franck Membribe

    Sarah se sent comme un têtard au fond d'un bocal. De regarder le monde à travers une paroi de verre, elle n'en peut plus ! Sa mère l'étouffe. Un séjour linguistique dans le canton de Zurich lui offre une délivrance. La voici propulsée au sein de la toute puissante famille Gründlich. En fait de bouffée d'oxygène, elle respire le foehn, ce vent helvétique qui rend fou et qui viendra déloger le fantôme de son aïeul disparu en 1943. Aidée de Johann, journaliste local à la jambe raide, dont elle s'éprend furieusement, elle lèvera le voile sur l'un des épisodes des plus sinistres de l'histoire suisse : la neutralité bienveillante et lucrative envers les Nazis.

  • Un beau jour sur une petite île, un type est débarqué d'un hélico avec une oreille en moins, et un petit trou en plus dans la tempe. Sur le point de trépasser, on le ranime avec toutes sortes de petits cailloux blancs aiguisés comme les dents des requins du même métal. Doucement, avec plus ou moins de tact, on ressuscite sa surprenante réalité. Entre flash-back émoussés et thérapies de pointe, notre homme, ex professeur de lettres, va revivre, dans tous les sens du terme, le parcours de son existence rocambolesque. Aussi le voyage autour du monde de ce drôle de zigoto est-il à cataloguer dans le registre : pertes et fracas...
    Après Villa confusione, José Noce nous entraîne à nouveau dans son imaginaire débridé.

  • Nirvana transfert

    Marie Vindy

    Dijon, Hôtel de Police. Après de longs mois de congés forcés, le commandant Simon Carrière est affecté à la brigade des mineurs. Par défi, il s'investit dans une enquête sur des viols remontant à une quinzaine d'années. La victime ? Un ancien toxicomane, dénommé Warren Stoll, qui voue une admiration sans borne à Kurt Cobain, le chanteur mythique du groupe Nirvana. Si les faits ont disparu de sa mémoire, en revanche d'horribles cauchemars hantent son sommeil. De surcroît, des lettres anonymes viennent raviver son passé. Qui remue ces souvenirs? Incapable de faire face, Warren replonge dans la déprime et la dope. L'auteur des lettres en sait visiblement plus long sur la victime que la victime elle-même ; Carrière contacte alors son amie, la criminologue Marie-Shan Li. Explorant la vie de Warren, les deux enquêteurs se rendent à l'évidence : c'est bien au présent que se décline cette ténébreuse affaire.
    Après le palpitant Le Sceau de l'ombre, Marie Vindy lance le commandant Simon Carrière dans une sombre affaire de pédophilie. Rien ne lui sera épargné une nouvelle fois...

  • Contempler son portrait accroché au mur, c'est sympathique, à moins qu'on y reconnaisse sa propre peau. Un artiste fou, adepte de la peinture au couteau, est à l'oeuvre pour extraire les sucs et la lumière si chère aux Impressionnistes. Deux étages à gravir et la toile prend vie, le temps que Karène H, la cinquantaine lumineuse et les yeux joliment bridés, vêtue d'un kimono rouge fourré d'astrakan, tienne la pose... Au fil des jours s'afficheront les visages des passants musardant dans le quartier des Brocantueurs où s'activent Marie-Antoinette, généreusement prostituée, et autres malfrats de petite envergure. Des têtes fraîchement coupées y trônent aux vitrines, entre deux chandeliers Napoléon III, tandis que Claude Monet et Paul Claudel conversent au sujet des saisons qui passent et de la neige qui tombe.
    Chaque mot de Claude Soloy fait mouche. Mortel !

  • Des victimes sans défense, sans adresse, sans famille, sans attache... Autant dire des cibles rêvées pour un serial killer cruel et cynique... Un tueur énigmatique trucide les SDF qui campent sur le quai du canal Saint-Martin, reproduisant des rites barbares relatés par le professeur Samuel Goldberg dans son traité d'anthropologie. Étrange professeur que son destin a mené vers l'anonymat et la clochardisation. Talula, naufragée volontaire du quai de Valmy, se lance sur la piste du meurtrier avec l'aide du Minotaure, un ancien flic de choc reconverti dans le privé. Sur fond de recherches anthropologiques, s'entrechoquent passé et présent, ascendants et fratrie dans un tourbillon de violence et de haine.
    Au fil de cette fiction très noire, Antoine Blocier expose le quotidien des exclus, leurs difficultés à survivre dans une société du chacun pour soi.

  • Le valet de coeur

    Paul Colize

    Antoine Lagarde est un homme comblé. Rien ne manque à sa réussite : financière, professionnelle, sexuelle, paternelle et familiale. Son fils adore papa, ce héros au coeur fidèle. Ses associés le vénèrent. Ses innombrables conquêtes féminines succombent à son charme. De surcroît, Antoine est un fils attentionné qui effectue des visites régulières chez son père, ingénieur retraité et hypocondriaque compulsif. Jusqu'ici, rien ne paraît devoir troubler son existence. Sauf qu'un beau jour, il retrouve papa Lagarde assassiné ! Tout bascule ! Une mystérieuse annotation sur une carte à jouer, un valet, va mettre Antoine sur une piste qui le mènera en enfer...
    Voici le premier volume de la trilogie Antoine Lagarde qui précède " Le Baiser de l'ombre " dont les amateurs de bons polars ont fait le succès.

  • Mat à mort

    Hervé Sard

    Moscou, décembre 1986. La finale du championnat du monde d'échecs tourne au drame. Campagne de l'Ardèche, hiver 2003. Un enchaînement de décès inexpliqués défraie la chronique. Il faudra du temps pour établir le lien entre ces événements séparés dans le temps et dans l'espace. Et pour cause ! Quel rapport entre un joueur d'échecs prématurément disparu et une vieille photo prise avant un match de football ? Pourquoi tant de gens meurent-ils dans deux bourgades tranquilles ? Qui est l'assassin ? Un débile, mort depuis longtemps, affirme la rumeur. Le Ravi... ? Mais c'est impossible, et pourtant tout paraît l'accréditer. L'arme des crimes ? Il n'y en a pas. Des indices ? Minces et ils sont bien curieux. La police piétine, les victimes vont se suivre et se ressembler... Jusqu'à ce que mat s'en suive. Après Vice repetita, Hervé Sard récidive avec ce polar haletant où les cadavres s 'amoncellent inexorablement.

  • Quel est le point commun entre la mort inopinée d'un paparazzo en plein coeur de Bruxelles, l'éducation criminelle d'un voyou à Montréal et les deux vagues d'attaques bestiales survenues entre 1982 et 1985 dans les supermarchés du Brabant wallon? A priori, aucun. Pourtant, lorsque Vassili Sokolovski abandonne les faubourgs de Bagdad pour la capitale de l'Europe, bien décidé à faire la lumière sur la mort de son ami, il se retrouve dans la focale d'oiseaux qui n'ont rien à voir avec les volatiles de la Place Poelaert. Assisté de limiers improvisés de l'Associated Press, il lance son enquête personnelle.
    Celle-ci dévoilera les dessous d'une affaire criminelle sans précédent qui suscite encore et toujours des interrogations. La troisième vague déferle...

  • Rouen, juin 1940. Le commissaire Arsène Kalouba enquête sur le meurtre d'une jeune femme perpétré à Fécamp, un meurtre au cérémonial bizarre. Mais l'invasion allemande le conduit à suspendre ses recherches. Après bien des péripéties, rentré à Rouen au lendemain de la Libération, on le charge de résoudre l'assassinat d'une femme accompli lors des bombardements. Les meurtres de ces deux femmes paraissent possèder un mode opératoire similaire et les victimes ont un physique ressemblant ! Aurait-on à faire à un meurtrier en série ? Celui-ci n'aurait-il pas poursuivi ses méfaits durant la guerre? Un troisième meurtre va confirmer l'intuition de Kalouba. Fouinant sur les quais du port de Rouen jusqu'à la côte normande, réussira-t-il à identifier le coupable, amateur de poupées brunes aux yeux clairs ? Il devra déployer ses talents de flic et de corsaire d'eau douce.

  • Un beau jour, le commissaire Garcia Lopez débarque dans l'île enchanteresse d'Ustica au large de Palerme. Il vient prendre possession de son héritage, une somptueuse villa. Un curieux personnage, moitié artiste moitié brigand, le prend alors sous sa protection, aidé en cela par un âne expéditif, un gros chien affreux et un neveu simplet. Et de l'aide il va en avoir besoin lorsqu'une certaine Maève, déesse muette au cou gracile cerclé d'une minerve d'ivoire, importe sur l'île un mercenaire balafré et tout un tas de problèmes existentiels. Sans compter une organisation mafieuse hellénique qui tente de dégommer tout ce binz où trempent : vieux fou illuminé, commissaire de police et épouse reporter, âne et chien de l'enfer, déesse truffée de microfilms, mercenaires de sac et de corde... A cause d'une villa de rêve dans une annexe du Paradis, de la confusion naît un cauchemar aux innombrables dimensions romanesques.

  • Quand une jeune reporter se présente à son domicile, le commandant de police Simon Carrière n'est pas surpris. Femmes violées, corps décapités, le retentissement de cette barbarie dans l'opinion publique avait été énorme. Il aurait été bien étonnant qu'aucun journaliste ne veuille cuisiner le flic de la PJ de Dijon qui avait mis un terme à cette affaire. Econduira-t-il cette «pisse-copie»oe Non ! trop de souvenirs douloureux le rattachent à cette enquête, trop de drames ont fait de lui un homme brisé. Simon Carrière va relater les faits dans les moindres détails, livrer sa vérité.
    Cela suffira-t-il à conjurer les tourments de sa mémoire ?

  • Alors qu'un terrible accident de la route ôte la vie à Billie Holiday et à Janis Joplin, John Lennon et Yoko Ono en réchappent miraculeusement et sont admis dans un hôpital plutôt spécial où l'on ne rencontre que des chanteurs, qu'ils soient malades ou membres du personnel. Les phénomènes paranormaux et les morts violentes y sont monnaie courante. Les chirurgiens s'activent sans relâche, les cobayes humains encaissent électrochocs sur électrochocs, d'étranges animaux se promènent dans les couloirs. Dans leur sillage, les tubes des sixties tourbillonnent dans l'air comme des feuilles enfiévrées. Sous l'hôpital, un petit train circule entre les cuisines, les urgences et la morgue. John et Yoko ne sont pas pressés d'y monter - destination l'âge de raison. Leurs armes pour conjurer ce cauchemar musical s'appellent amour et fantaisie. Quand le mutisme tue les vivants, la musique réveille les morts.

  • Attachant et vulnérable, Axel Mars est un détective singulier. Il aime le risotto au citron, les bonnes bouteilles, le quartier du Marais à Paris, et sa vieille Oly. La traque d'un tueur qui grave des alexandrins sur le dos de ses victimes va le pousser dans ses retranchements les plus intimes. Sans compter qu'il doit parallèlement affronter une secte qui infiltre de puissantes entreprises. Il lui faut toute son audace et une sacrée dose de détermination pour enquêter et affronter ses propres démons. Quelle que soit l'issue, pour Axel Mars, le combat ne fait que commencer.
    Cyril Gely a écrit entre autres Signé Dumas, qui récolte 7 nominations aux Molières. Cette pièce est à l'origine du film de Safy Nebbou, L'Autre Dumas, avec Benoît Poelvoorde et Gérard Depardieu. Cyril Gely a reçu le Grand Prix de l'Académie Française du Jeune Théâtre.

  • Andromicmac

    Elisa Vix

    Un cadavre poignardé et émasculé ! Il n'avait pas besoin de ça en ce mois d'août caniculaire. La tragédie en alexandrins n'est pas sa tasse de thé et pourtant Thierry Sauvage, lieutenant à la brigade criminelle de Soissons, va devoir relire Andromaque de Racine pour pister le meurtrier du metteur en scène de la pièce. Face à des comédiens qui jouent leur jeu mortel pour de vrai, il tente, avec sa propre troupe composée de la monumentale Joana, de Jules au coeur tendre et du légiste Philippe Seignol, de démêler les fils d'un vaste micmac. Sexe, mensonges et faux-semblants. Avec ses manières dilettantes et sa vie familiale confuse, le policier plonge malgré lui au coeur des passions humaines, au risque d'en sortir vainqueur... à la Pyrrhus.

  • Dans son premier roman à énigmes au coeur du vignoble du Côte-Rôtie, Sebastian Charles nous raconte une bien étrange histoire où se mélangent habilement faits historiques et enquête policière à rebondissements.
    Tout le monde doit mourir un jour. Mais pas nécessairement pendu par les pieds avec la carotide tranchée. Un meurtre étrange qui plonge Ampuis, commune de 2700 âmes au pied du mont Pilat, connue dans le monde entier pour son vin d'exception, dans la stupeur et l'effroi. Crime passionnel ? Vengeance ? Sacrifice rituel ? Fait d'autant plus étrange que le modus operandi est identique à celui d'un autre assassinat commis au château quelque 700 ans plus tôt. Deux flics que tout oppose sont dépêchés sur les lieux avec pour mission de faire la lumière sur cette affaire. Bien vite, ils vont se heurter à l'immuable loi du silence qui semble régner en maître dans le village.

  • Scarelife

    Max Obione

    Libéré sur paroles après avoir purgé dix ans de pénitencier, Mosley J. Varell coule des jours ternes dans un coin reculé du Montana. Il vivote en écrivant des scénarios de dessins-animés. Gougou le kangourou, c'est lui. Astreint à pondre des histoires à décerveler les mômes, on vient cependant de lui commander le scénario d'un biopic sur le romancier David Goodis. Un matin, il reçoit une lettre postée de Louisiane. Il a reconnu l'écriture, c'est celle de son père qu'il hait depuis toujours. Mais pourquoi Varell décide-t-il de partir le retrouver ? Ayant la phobie de l'avion, il entame une grande diagonale routière. La fatalité, un temps en sommeil, l'entraînera à ponctuer son périple de meurtres comme autant de cailloux blancs que Le Nain, un détective teigneux lancé à ses trousses, saura ramasser...Max Obione fait le noir, le noir profond, sans rémission ni lueur rédemptrice ; dans un roadmovie paroxystique et crépusculaire, il conjugue "no future" à tous les temps de l'imparfait de l'existence.
    Avant-propos de l'éditeur : Normalement, les routes vont d'un point à un autre et quand elles racontent des histoires de cinglés en ballade, on les appelle des itinéraires " bis ", direction le mur ! Scarelife nous entraîne dans le sillage d'un dénommé Mosley Varell, un tordu du genre bon bougre malgré tout. A sa suite, on cingle à travers les States, en diagonale, de Missoula (Montana) à la Nouvelle Orléans (Louisiane), et ça fait mal comme une lame de couteau qui s'enfonce dans les chairs d'une Amérique de l'après 11 septembre. L'écume de son passage, c'est de l'hémoglobine pure, comme la mousse qui bubulle d'une carotide sectionnée. On meurt beaucoup à le rencontrer. Là où il fait étape, c'est plus fort que lui, les vieux démons le reprennent, son passé d'homme de main d'un mafieux hollywoodien ressurgit. Malheur à qui le contrarie ! Mais il lui arrive cependant de trucider par bonté d'âme. En tout cas, le voilà en route pour régler ses comptes avec son passé où domine l'ombre de son paternel, pasteur de son état et brute épaisse.
    S'il n'y avait eu cette lettre du père reçue un beau matin, Mosley serait resté planqué à peaufiner un biopic sur la vie de David Goodis, l'écrivain maudit, l'auteur de Tirez sur le pianiste !, le scénariste de Dark passage et de bien d'autres chefs d'oeuvre de la littérature noire. Parce que Mosley a aussi ça dans le sang, l'écriture, en plus de sa folie meurtrière ! Son road movie devient en fin de compte son chemin de croix, avec un détective aux trousses, un teigneux détraqué comme lui, surnommé le Nain...
    On sait que les héros des romans noirs, mouisards perpétuels, connaissent rarement la rédemption, le tragique de la condition humaine demeure leur horizon indépassable. Ce qui commence mal se termine encore plus mal. Le voyage de Mosley Varell s'apparente à une partie de toboggan diabolique d'où l'on ne peut descendre. Schuss vers l'enfer ! Cet écorché vif est un personnage goodisien en diable ! Le gouffre nous est promis à travers une mise en abyme vertigineuse. Max Obione a le chic de nous captiver en nous contant l'histoire d'un auteur qui écrit sur un auteur qui écrit sur un auteur qui écrit ... Une construction savante et un style. Une construction UUDu délire en prime pour un réel bonheur de lecture noire.

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