Glenn Gould

  • Près de quarante ans après sa disparition, le seul nom de Glenn Gould (1932-1982) est devenu un sésame. Au-delà de sa réputation d'interprète, le grand pianiste canadien représente aujourd'hui un mythe culturel, un parcours hors norme et un personnage savoureusement excentrique que ce volume permet de découvrir.
    Pour un public toujours nombreux et fervent, Gould s'identifie à Bach, aux Variations Goldberg notamment, comme Callas à Verdi ou Karajan à Beethoven. Il demeure l'une des personnalités les plus marquantes du monde musical. Non seulement comme pianiste, mais aussi comme compositeur, écrivain, sociologue, théoricien et prophète de nouveaux modes de communication, comme moraliste enfin. « Je suis, disait-il, un écrivain canadien et un homme de communication qui joue du piano à ses moments perdus.» Bruno Monsaingeon a réuni, traduit et publié l'intégralité de ses écrits. Ces textes, que leur contenu soit d'ordre autobiographique, philosophique, anthropologique ou purement musical, qu'ils relèvent de l'art du portrait ou celui de l'interview, ont marqué la pensée contemporaine et révèlent tout un pan méconnu de la personnalité et du génie de Gould. Regroupés pour la première fois, ils sont l'oeuvre d'un écrivain dont la réflexion sur la musique atteint à l'universel.

    Ce volume contient : « Dans l'antre de l'alchimiste », par Bruno Monsaingeon - Non, je ne suis pas du tout un excentrique - Le Dernier Puritain - Contrepoint à la ligne - « Glenn Gould au-delà du temps », par Bruno Monsaingeon.

  • À 32 ans, Glenn Gould décide de ne plus se produire en public en faveur des enregistrements en studio. Ce revirement dans sa carrière restait à ce jour une énigme. Il s'en explique ici, dans un texte étonnant. Pourtant, il affranchit d'emblée : il ne souhaite pas parler de musique. De quoi, selon lui, favoriser les révélations. Et en effet. Mais la forme même du texte est plus évocatrice encore ; dans ce dialogue avec lui-même, l'auteur met en scène un subtil jeu de thèses-antithèses. L'attraction magnétique que le musicien exerce sur son public ravit ici, au sens propre et figuré, le lecteur.

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  • Interrogé par Jonathan Cott (journaliste à Rolling Stone) en 1974, Glenn Gould - pianiste interprète qui s'éleva au rang de créateur - parle du concert, qu'il a quitté en 1964, de ses enregistrements, de son isolement, de Mozart, de son admiration pour Petula Clark, de son aversion pour les Beatles et de mille autres sujets, parfois inattendus.
    Toujours avec brio, et jamais sans humour comme on le verra. Dans sa préface, Jacques Drillon montre l'importance musicale, esthétique, morale, de celui dont Yehudi Menuhin a dit : "Quand un homme atteint cette hauteur, il illumine le monde plus qu'aucun autre être humain. Gould a donné une dimension supplémentaire à notre existence."

  • Glenn Gould est à mon avis la personnalité la plus importante du monde musical actuel, non seulement en tant que pianiste, mais en tant que penseur du phénomène musical: compositeur, écrivain, sociologue, théoricien et prophète de nouveaux modes de communication, moraliste enfin.

    Aussi, mon premier souci, après sa mort, en octobre 1982, a-t-il été de mettre à la disposition du public français la totalité de ses écrits.

    Ce livre et celui qui l'a précédé _ Le dernier puritain _ contiennent, à quelques très rares exceptions près, l'ensemble de la littérature gouldienne. Je me suis en effet efforcé d'y inclure tous les textes écrits à une époque ou une autre par Gould, quelle que soit leur destination (pochettes de disques, journaux ou périodiques, conférences). Mais je me suis aperçu en outre que dans certains cas il était possible d'y adjoindre quelques textes de scénarios radiophoniques, de films ou de télévision, à condition de les adapter aux nécessités de l'écrit, et parfois même de les monter par inserts à l'intérieur de textes déjà existants, auxquels ils pouvaient apporter un nouvel éclairage ou une nouvelle substance. Inutile de préciser que, ce faisant, j'ai eu le sentiment de me prêter à une procédure d'une nature foncièrement gouldienne, qui m'a permis de recréer, à quelques années de distance, l'exaltation de ce que furent nos séances de travail en commun, et qui était également la seule méthode permettant d'offrir au lecteur le panorama le plus vaste possible de la pensée de Gould.

    Dans ce deuxième volume, j'ai choisi de regrouper ses écrits en six parties, consacrées à Bach, à Schoenberg, à ses essais critiques, à ses oeuvres personnelles tant musicales que radiophoniques, à ses analyses et à ses réflexions, dont un passionnant développement sur la musique en Union soviétique _ parties que j'ai entrecoupées d' "interludes", morceaux pleins de fantaisie où Gould, avec le saisissant mélange de sérieux et d'humour qui le caractérise, traite de l'esprit de compétition, des applaudissements au concert, de la musique d'avant-garde ou de la critique en général.

    J'ai pensé heureux de conclure ces deux tomes en musique, en publiant pour la première fois en France la partition intégrale de So you want to write a fugue, cette fugue fameuse écrite par Gould (paroles et musique) pour une émission de télévision, et largement diffusée ensuite par le disque.

    Bruno MONSAINGEON.

  • Il me semblait inconcevable de mener à son terme une tâche de propagation de la pensée et de la littérature gouldienne sans essayer d'imaginer une concoction toute spéciale, à l'esprit de laquelle Gould n'aurait, à mon avis (peut-être présomptueux?), pas manqué d'acquiescer, sans m'adonner, autrement dit, aux délices d'un plantureux montage.

    C'est ainsi que je décidais de mettre en scène Gould, sur le papier, dans le cadre d'une conférence de presse imaginaire, se déroulant par vidéophone. Pour y parvenir, il me fallait simplement puiser dans mes dernières et ultimes sources (souvenirs, bribes de conversations personnelles, fragments de mes propres films avec Glenn, etc.) et faire intervenir dix journalistes, réels ou fictifs, mais tous profondément gouldiens, auxquels j'allais donner une distribution géographique dépassant largement celle du monde anglo-saxon.

    J'ai composé ce volume de telle manière qu'il trace une sorte de portrait quasi autobiographique, et je l'espère, fort pittoresque du personnage qui a marqué au plus profond ma propre trajectoire ainsi que celle de ses innombrables auditeurs et lecteurs.
    Bruno MONSAINGEON.

  • On voit dans le Journal d'une crise un des pianistes les plus significatifs de l'histoire dans son atelier de torture, en proie au doute, mais surtout à la recherche effrénée d'une vérité qui semble momentanément lui échapper, et qui concerne l'essence même de son art. Il nous livre le récit émouvant, impitoyablement lucide, quasi proustien dans sa cruauté, de la conquête de son propre double : un Gould fragile et vulnérable qu'il essaie d'apprivoiser et dont la lumineuse perfection de ce qu'il nous a laissé ne nous permettait guère de deviner l'existence. Il s'agissait bien là d'un document capital sur un artiste lui-même capital. Jamais le cerveau d'aucun grand pianiste ne s'était attelé à un examen aussi obsessionnel des composantes physiques du jeu pianistique.
    Le Journal est complété par un vaste éventail de lettres datant de l'époque de la vie publique de Gould, ayant pour thèmes principaux le piano, les concerts et les tribulations d'une vie de concertiste. Gould y apparaît souvent malheureux, et pourtant aussi plein de l'enthousiasme communicateur qui est la marque de ce conteur-né.

    Violoniste et auteur de films musicaux, Bruno Monsaingeon a également traduit et présenté les textes de Glenn Gould réunis dans Non, je ne suis pas du tout un excentrique, Le Dernier Puritain et Contrepoint à la ligne (Fayard).

  • Chemins de traverse

    Glenn Gould

    Bruno Monsaingeon, qui a constitué plusieurs volumes d´écrits de Glenn Gould (né il y a 80 ans et mort il y a 30 ans), propose ici une sélection de ces textes. Les connaisseurs et amateurs de longue date y retrouveront, sous une forme concentrée, les tours et détours d´une expression parfois paradoxale et toujours stimulante, et un humour imperturbable.
    Ceux qui souhaitent découvrir ce pianiste qui a marqué l´interprétation par ses choix radicaux seront introduits par un chemin aisé vers les différents aspects de sa personne et de sa pensée .
    Ses goûts, ses aversions, ses choix qui lui ont imposé de renoncer à se produire en concert pour se concentrer sur l´enregistrement, ses admirations aussi (quelques portraits de ses contemporains en témoignent) s´expriment ici avec la finesse et souvent la drôlerie qui sont la marque de l´auteur.
    Pour faciliter l´accès à la pensée de ce musicien hors normes, Bruno Monsaingeon a sélectionné quelques textes assez étendus pour permettre le développement des idées et les a émaillés de mentions brèves, sortes d´aphorismes formant contrepoint.

  • «L'esprit de Gould était un prisme éclatant, chatoyant, à travers lequel les sons, les sens et les idées se trouvaient transfigurés comme par magie. En écoutant pour la première fois, alors que j'étais adolescent, son enregistrement des Variations Goldberg de Bach chez CBS en 1955, j'eus une révélation musicale qui devait alimenter ma réflexion sur la musique pendant les années à venir...» Yo-Yo Ma, extrait de la préface

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