Hubert Haddad

  • La sirène d'Isé

    Hubert Haddad

    • Zulma
    • 14 Janvier 2021

    À la pointe sud de la baie d'Umwelt, loin du monde et hors du temps, le domaine des Descenderies a accueilli des générations de patientes. Né de la fragile Leeloo, Malgorne grandit sous la houlette de Sigrid, entre incompréhension et possession jalouse. Il trouve bientôt refuge dans le dédale de l'extravagant labyrinthe d'ifs, de cyprès, de pins et de mélèzes imaginé par le Dr Riwald. S'il n'entend ni le ressac ni les vagues qui se déchirent sur les brisants, Malgorne se nourrit des vents et scrute sans fin l'horizon.
    Depuis l'ancien sémaphore, Peirdre sonde elle aussi chaque soir l'océan, hantée par la voix d'une amie disparue. Son père, capitaine au long cours, fait parfois résonner pour elle les cornes de brume de son cargo de fret.
    C'est sur la grève, un matin, devant le corps échoué d'une étonnante créature marine, que Peirdre et Malgorne forgent soudain l'espoir du retour d'autres sirènes.

    Après Le Peintre d'éventail, Hubert Haddad nous entraîne dans la magie d'un nouveau jardin entre terre et mer. La Sirène d'Isé est un roman magnétique, envoûtant et lumineux.

  • Violoniste virtuose, Hochéa Meintzel accepte l'invitation d'un festival de musique carnatique à Chennai, en Inde du Sud. Blessé dans sa chair par un attentat, c'est avec l'intention de ne plus revenir qu'il quitte Jérusalem.
    Après une équipée cahotante qui le mène de Pondichéry à la côte de Malabar, il trouve refuge à Fort Cochin, un soir de tempête, au sein de l'antique synagogue bleue. En un tour de force romanesque, Premières neiges sur Pondichéry nous plonge dans un univers sensoriel extrême, exubérant, heurté, entêtant, à travers le prisme d'un homme qui porte en lui toutes les musiques du monde, et accueille l'inexorable beauté de tous ses sens.

  • C'est au fin fond de la contrée d'Atôra, au nord-est de l'île de Honshu, que Matabei se retire pour échapper à la fureur du monde. Dans cet endroit perdu entre montagnes et Pacifique se cache la paisible pension de Dame Hison dont Matabei apprend à connaître les habitués, tous personnages singuliers et fantasques.
    Attenant à l'auberge se déploie un jardin hors du temps. Insensiblement, Matabei s'attache au vieux jardinier et découvre en lui un extraordinaire peintre d'éventail. Il devient le disciple dévoué de maître Osaki. Fabuleux labyrinthe aux perspectives trompeuses, le jardin de maître Osaki est aussi le cadre de déchirements et de passions, bien loin de la voie du Zen, en attendant d'autres bouleversements.

    Avec Le peintre d'éventail, Hubert Haddad nous offre un roman d'initiation inoubliable, époustouflant de maîtrise et de grâce.

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  • Palestine

    Hubert Haddad

    Au cours d'une embuscade en Cisjordanie, Cham, soldat israélien, est gravement blessé. Sous le choc, il perd tout repère et en oublie son nom. Deux Palestiniennes, Falastìn et Asmahane, lui sauvent la vie. C'est, pour lui, la traversée du miroir.

    Avec Palestine, Hubert Haddad nous livre un saisissant plaidoyer pour la paix et la tolérance.

  • Corps désirable

    Hubert Haddad

    Un célèbre neurochirurgien s'apprête à effectuer une greffe inouïe :
    Transplanter la tête d'un homme sur le corps d'un autre.

    Journaliste engagé, en lutte ouverte contre les trusts pharmaceutiques et les mafias de la finance, Cédric Allyn-Weberson vit avec Lorna une passion entière, charnelle. Jusqu'au jour où il se trouve confronté à une violence radicale, celle de perdre accidentellement l'usage de son corps. Se met alors en branle une machine infernale.

    Roman au suspense continu, Corps désirable captive par la magie d'une écriture lumineuse qui donne à éprouver intimement les sensations les plus subtiles des personnages - questions lancinantes de l'amour, de l'incarnation du désir et des illusions de l'identité.

  • Lodz, 1941. Chaïm Rumkowski prétend sauver son peuple en transformant le ghetto en un vaste atelier industriel au service du Reich. Mais dans les caves, les greniers, éclosent imprimeries et radios clandestines, les enfants soustraits aux convois de la mort se dérobent derrière les doubles cloisons... Et parmi eux Alter, un gamin de douze ans, qui dans sa quête obstinée pour la vie refuse de porter l'étoile. Avec la vivacité d'un chat, il se faufile dans les moindres recoins du ghetto, jusqu'aux coulisses du théâtre de marionnettes où l'on continue à chanter en sourdine, à jouer la comédie, à conter mille histoires d'évasion.
    Hubert Haddad fait resurgir tout un monde sacrifié, où la vie tragique du ghetto vibre des refrains yiddish. Comme un chant de résistance éperdu. Et c'est un prodige.

  • Ma

    Hubert Haddad

    « La marche à pied mène au paradis. » Ainsi s'ouvre Ma, roman japonais, à la croisée de deux destins et autour d'une même quête, la voie du détachement.
    Shoichi porte en lui le souvenir de Saori, la seule femme qu'il ait aimée, une universitaire qui a consacré sa vie à Santoka, le dernier grand haïkiste. Leur aventure aussi incandescente que brève initie le départ de Shoichi sur les pas de Santoka, de l'immense Basho et de son maître Saigyo. Marcher, pour cette procession héroïque d'ascètes aventureux, c'est échapper au ressassement, aux amours perdues, c'est vivre pleinement l'instant ! « Le saké pour le corps, le haïku pour le coeur. » Dans la lignée de l'inoubliable Peintre d'éventail, Hubert Haddad nous emmène sur les sentiers du Bout-du-Monde. Son écriture est comme la palpitation miraculeuse de la vie, au milieu des montagnes et des forêts, à travers le chant des saisons, comme un chemin sur le chemin.

  • Gabriel Hantrovicz, célèbre à Paris pour sa peinture figurative, a tout quitté pour Londres où il ne peint plus que des variations en bleu. Surgit dans son univers Christel Paal, une jeune Berlinoise, à peine sortie de l'adolescence...
    Christel qui change sans cesse d'avis, s'effondre en larmes pour un mot, se révolte pour un autre. Gabriel s'attache à son insu à cette fille perdue dont il ignore à peu près tout. Bientôt le peintre, qui a déjà éprouvé de plein fouet les dangers de la représentation, entrevoit le désir impérieux de la jeune femme meurtrie : devenir son modèle. Qu'il la peigne, qu'il lui rende un corps, une intégrité, et la sauve de son chaos intime.

    « Le Bleu du temps est une version moderne du Chef-d'oeuvre inconnu de Balzac. Gabriel, nouvel avatar du peintre Porbus, vivra sa passion jusqu'au bout, pour se punir peut-être d'avoir orgueilleusement rêvé de faire abstraction du monde. » Bernard Fauconnier, Le Magazine littéraire

  • Qui se souvient de l'incroyable destin des soeurs Fox, ces deux fillettes de l'Amérique puritaine qui, par une nuit de mars 1848, en réponse aux bruits répétés qui secouent leur vieille ferme, inventent le spiritisme comme on joue à cache-cache ? Kate, d'abord, sorte d'elfe à la fois espiègle et grave, pleine de fantaisie et de mystère, Margaret, fascinée par la médiumnité de sa petite soeur, et enfin Leah, de vingt ans leur aînée, qui, avec l'aide d'hommes d'affaires de Rochester et de financiers de Wall Street, rêve de fonder un empire à partir de ce nouveau jeu de société un rien macabre...
    Avec Théorie de la vilaine petite fille, Hubert Haddad revisite magistralement, dans un style ample et endiablé, un demi-siècle de la folle Amérique, celle du libéralisme naissant, des sectarismes et de toutes les utopies. Il nous offre un roman facétieux, émouvant, dont on ressort étourdi et joyeux comme d'une baraque de train-fantôme.

  • Missionnée pour un casting aux allures de défi, Damya arpente les rues de Paris à la recherche d'une centaine de figurants : efflanquées, défaites, ces ombres fragiles incarneront les déportés dans un film adapté de la Douleur de Duras.
    Par sa présence si vive au monde, ses gestes de danseuse, son regard alerte et profond, Damya mue en vraie rencontre chaque échange fugace avec les silhouettes qu'elle repère - un marcheur qui ne retient du temps qui passe que l'usure de ses semelles, Amalia, oiseau frêle en robe pourpre de la gare Saint-Lazare, ou ce jongleur de rue aux airs de clown fellinien.
    Mais dans le dédale de la ville, Damya a surtout l'espoir fou de retrouver le garçon d'un rendez-vous manqué - par la force tragique d'un soir de novembre 2015 - et dont le souvenir l'obsède.
    Casting sauvage est une magnifique traversée de Paris, un roman intense et grave dont la ville aux mille visages est la trame et le fil, habitée par la mémoire de ses drames et rendue à la vie par tous ceux qui la rêvent... Un walking movie qui offre aux âmes errantes comme un recours en grâce.

  • Opium Poppy

    Hubert Haddad

    « Encore et encore, on lui demande comment il s'appelle. La première fois, des gens lui avaient psalmodié tous les prénoms commençant par la lettre A. Sans motif, ils s'étaient arrêtés sur Alam. Pour leur faire plaisir, il avait répété après eux les deux syllabes. C'était au tout début, à Paris. On venait de l'attraper sur un quai de gare, à la descente d'un train... Au fil de cette traque à l'enfant, se dessine l'histoire d'Alam. Celle d'un petit paysan afghan, pris entre la guerre et le traffic d'opium, entre son désir d'apprendre et les intimidations de toute sorte, entre son admiration pour un frère tête brûlée et l'amour éperdu qu'il porte à une trop belle voisine... Ce magnifique roman à la précipitation dramatique haletante éclaire la folle tragédie des enfants de la guerre. " Qui aura le courage d'adopter le petit taliban ? " semble nous demander avec une causticité tendre l'auteur d'Opium Poppy.

  • La Condition magique est un roman prodigue, un roman philosophe qui se déploie autour de la figure du grand Descartes, emblème de la raison triomphante ou planche de salut : pour Hiel, en deuil irréparable et halluciné d'un frère étudiant en AVP D 44/59 Août et Septembre 2014 philosophie, pour Desargues, universitaire désabusé, ou Marghrète, proie facile d'une secte ignominieuse. Et pour le père de celle-ci, richissime industriel suédois collectionneur d'automates, animé par l'unique espoir de redonner vie à une épouse disparue dans les sommets himalayens vingt ans auparavant. Tous se débattent en quête du sens, une quête existentielle qui peut-être se joue - ou se déjoue - sur le toit du monde.

  • À la fois guide, manuel, « bréviaire de style » et dictionnaire portatif, ce Nouveau Magasin d'écriture, unique en son genre, car entièrement conçu et rédigé par un véritable écrivain, se veut à la fois un outil de travail et de réflexion pour les animateurs d'ateliers d'écriture et de lecture comme pour les écrivains débutants - tous les amoureux de la création littéraire.
    Hubert Haddad, auteur d'une quarantaine de livres, a passé une grande partie de sa vie à animer des ateliers d'écriture et de lecture. Condition indispensable et idéale pour proposer, avec une immense érudition, une extrême simplicité et un humour tout en subtilité, un « art d'écrire » digne de ce nom. Fruit d'une longue expérience, à la fois pratique et théorique, de fait, ce livre est une
    somme de dispositifs indispensables au déploiement d'une écriture individuelle ou collective : comment réveiller l'inspiration, comment investir de façon ludique la poésie contemporaine, comment trouver un sujet de nouvelle ou de roman, quels procédés pour contourner le syndrome de la page blanche, de quelle manière s'ouvrir aux arcanes de l'analogie, comment aborder le
    dialogue ou la description, comment faire écrire les enfants ou les adultes en situation d'illettrisme...
    Et, au-delà des multiples questions abordées, des exercices riches et variés, de toutes les pistes explorées, Hubert Haddad fait partager, avec une générosité sans bornes, les infinis chatoiementsde la littérature.

  • La rafle du Vel d'Hiv des 16 et 17 juillet 1942, dans le cadre d'une vaste
    initiative nazie, avait pour nom de code « Opération Vent printanier ». Sur
    ordre du gouvernement de Vichy, policiers et gendarmes français arrêtèrent à
    leur domicile quelques treize mille hommes, femmes et enfants, dès les
    premières heures de l'aube. Internés au vélodrome d'hiver et au camp de Drancy,
    ils furent tous déportés à Auschwitz-Birkenau dans les jours ou les semaines
    qui suivirent, puis en majorité exterminés et brûlés. De retour sur les lieux
    de l'impensable, Hubert Haddad a écrit ces quatre histoires vraies de tout leur
    poids d'imaginaire, vraies des milliers de fois, hier à Drancy ou à Mauthausen,
    et aujourd'hui à chaque coin de rue, dans les regards effrayés que portent les
    exclus et les laissés pour compte sur un monde en lente, imminente perte
    d'humanité. Ce que la fiction suggère ici, soixante-cinq ans après la
    Libération, c'est la rencontre salvatrice d'un vieil homme rescapé des camps de
    la mort avec l'enfant qu'il était alors, si semblable aux enfants
    d'aujourd'hui, tziganes ou immigrés, à tous les enfants persécutés dans le
    monde. L'auteur de Vent printanier nous rappelle incidemment que le devoir de
    mémoire incombe en priorité aux adultes avertis que nous sommes - à fortiori 
    aux gouvernants et aux fonctionnaires malades de contrôle ethnique ou
    d'identité nationale -, afin que nous n'ayons jamais à reproduire les conduites
    aberrantes des années brunes. Né à Tunis en 1947, Hubert Haddad est l'auteur
    d'une oeuvre romanesque de premier ordre. Depuis Un rêve de glace, son premier
    roman, jusqu'aux interventions borgésiennes de HYPERLINK "http://www.zulma.fr/
    livre-l-univers-160.html" "_blank" l'Univers , étonnant roman-dictionnaire,
    ou HYPERLINK "http://www.zulma.fr/livre-palestine-476.html" "_blank"
    Palestine, fiction hantée par le conflit du Proche Orient (Prix Renaudot Poche
    - Prix des cinq continents de la Francophonie 2008), Hubert Haddad nous
    implique magnifiquement dans son engagement intellectuel, de poète et
    d'écrivain. Dernier roman paru : HYPERLINK "http://www.zulma.fr/livre-
    geometrie-d-un-reve-541.html" "_blank" HYPERLINK "http://www.zulma.fr/livre-
    geometrie-d-un-reve-541.html" "_blank" Géométrie d'un rêve HYPERLINK "http:/
    /www.zulma.fr/livre-geometrie-d-un-reve-541.html" "_blank" .

  • Géographie des nuages

    Hubert Haddad

    • Guerin
    • 16 Juin 2016

    L'auteur de fictions voyage dans un monde parallèle, étrangement semblable au nôtre, qui semble répondre à toutes les exigences de cette science qui a pour objet les caractéristiques physiques et humaines de notre bonne vieille planète, et qu'on appelle géographie. A travers l'écriture, les paysages et les physionomies, tout à la fois prégnants et évanescents, configurent un cadastre onirique singulier et ouvrent aux espaces inaliénables de l'intériorité.
    Ce recueil de nouvelles est une méditation sur le dépaysement autant qu'un éloge de l'imaginaire romanesque.

  • Mauriac écrivait ses Mémoires intérieurs, il s'agissait de ses lectures et d'une certaine façon, il constituait un autoportrait à la manière du Bibliothécaire d'Arcimboldo. C'est ce que tisse dans ces pages Hubert Haddad, partant d'une défense du roman et du style, il nous invite à partager ses préférences : l'aborigène Paul Wenz, le syndrome d'Elpenor, belle variation autour de la phrase de Gracq : « Même tombée au rang de joujou, la noblesse du rail demeure pour moi imprescriptible. », puis c'est Proust et la musique, ce cher Julien Gracq et même Hugo et sa prodigalité, Chateaureynaud, qu'Hubert Haddad entrevoit- ils sont amis, ils ont à peu près le même âge- en se penchant sur son miroir, et enfin Modiano, dont une lecture à la fois politique, critique et sagace révèle les ombres qui sont celles de notre après-guerre français. Huit facettes d'inspiration, de respiration, aussi habitées les unes que les autres, et qui font qu'Hubert Haddad est Hubert Haddad.

  • Au-delà du monumental Nouveau Magasin d'écriture, ce Nouveau Nouveau Magasin vient confirmer combien l'imaginaire se renouvelle sans cesse au contact de l'art, avec humour, générosité et l'infini pouvoir d'enchantement de la littérature.
    On ouvre ce Nouveau Nouveau Magasin d'écriture comme une boîte à secrets : pour rêver, inventer, écrire et... lire ! Comme une machinerie fabuleuse à produire de la fiction et à investir les territoires de l'imaginaire.
    Gravures, dessins, tableaux aux forces évocatrices, caricatures ou curiosités d'almanach, c'est tout un monde de textes et d'images qui s'offre à nous. Hubert Haddad a puisé dans l'art symboliste, fantastique ou baroque, mais avant tout chez ces peintres passionnément inspirés par la littérature ou qui ont fait eux-mêmes oeuvre de fiction (Goya, Doré, Klinger, Bresdin, Kubin, Rops, Redon.).
    Au plaisir des yeux répond celui de l'analyse et de la rêverie. On emprunte dès lors les sentiers qui bifurquent du merveilleux labyrinthe de la fiction universelle.
    Aux côtés de Kafka, Valéry, Ovide ou Hugo, mais aussi de nombreux botanistes, inventeurs, grands voyageurs, astronomes ou architectes visionnaires, on y découvre un univers peuplé de monstres, de diables et de girafes, un monde de fantaisie et d'inquiétante étrangeté.
    Dans toute son oeuvre, Hubert Haddad ne cesse d'explorer des voies nouvelles et d'interroger la littérature et l'imaginaire. La parution du Nouveau magasin d'écriture (Zulma, 2006) a ainsi marqué une étape importante dans sa démarche, saluée par les libraires, la critique et adoptée par un grand nombre d'amateurs passionnés par l'écriture et la fiction.
    À cette « promenade fascinante dans le laboratoire des lettres » (Valérie Marin La Meslée, Le Point), à ce « manège magnétique » (Patrick Grainville, Le Figaro littéraire) succède donc, par l'auteur de Palestine, ce Nouveau Nouveau Magasin d'écriture.
    À travers le mystère de gravures et dessins, à travers de nombreux jeux inédits et propositions d'écriture, le Nouveau Nouveau Magasin, cabinet des curiosités ou dispositif à capter les songes, a pour ambition d'explorer d'autres domaines de l'art d'écrire - et donne au fil des pages à rêver dans un esprit capricant et vagabond.

  • Tragédie dans la cordillère des Andes : un avion s'écrase à quatre mille mètres d'altitude. Afin de survivre, les rescapés en viennent à manger la chair des morts. Pour son deuxième roman, La Cène, paru en 1975, Hubert Haddad s'empare de ce fait divers qui a bouleversé la terre entière. À la version officielle du drame, l'auteur de La Condition magique (Grand Prix du roman de la Société des gens de lettres) oppose celle d'un romancier visionnaire. Une superbe et insoutenable parabole sur les valeurs de l'homme occidental.Le fait divers initial devient épopée. Ce qui, dans le vécu, relevait de l'évidence, s'inscrit ici dans le domaine de l'emblématique. Le vrai, enfin, devient fabuleux [.]. Dans ce panorama de neige, ce que dessine, contre le clan des seigneurs, Hubert Haddad, c'est l'irremplaçable fragilité humaine. Hubert Juin, Le Monde des livres.

  • Pour fuir l'image de Fedora, une artiste lyrique qui se donnait à lui le jour mais se refusait la nuit, un écrivain trouve refuge dans une ruine du Finistère, Ker-Lann, qui domine l'océan.
    Les personnages de son passé, réels ou fictifs, reviennent le hanter : Amalya, l'étudiante japonaise persécutée par un frère yakusa, Fedora, Emily Dickinson, qu'il s'essaie à traduire, etc.

  • J'avais en ce temps-là de noirs éblouissements et courais les champs de mines avec une distraction de décapité. La réalité m'était un embarras. Je ne supportais pas l'ironie des miroirs. La poésie était l'autre nom de l'amour, celui qu'on tait, les yeux brûlés. Paris en sang, ce soir - mais ce n'est pas du vendredi 13 novembre 2015 dont je voudrais parler. Qu'y puis-je, si pour moi coïncident, à plusieurs décennies d'intervalle, l'horreur des tueries frappant en nombre des femmes et des hommes, par centaines on peut craindre, jeunes pour la plupart, et la première page évocatoire du récit d'un jour de mon passage sur la planète Terre ? Ce jour qui aurait dû être pour moi l'ultime, mais ne l'ayant pas été, il ne cesse de me hanter, sans aplomb dans sa folle effraction.

    C'était un 17 septembre, à Paris. Hubert Haddad avait 20 ans. Debout sur le rebord de sa fenêtre, au 4eétage d'un immeuble de la rue Pastourelle, complètement nu, il allait se jeter dans le vide. Un jeune homme est entré par hasard juste à ce moment-là, un ami. Il est allé vers lui et, à la manière d'un ange, il a su trouver des mots simples pour le calmer et le faire revenir de son geste qui lui aurait été fatal.

    C'est à partir de ce jour-là, où il croyait chercher la vérité dans cet acte, qu'Hubert Haddad, en poète et en peintre, dessine un autoportrait vibrant, énigmatique, presque halluciné. Des échos d'un jour à l'autre, d'un texte à l'autre, d'une scène d'enfance au présent le plus brûlant, comme celui de la nuit des attentats du 13 novembre 2015, quand il a couru à l'hôpital, au chevet de son frère qui n'avait plus que quelques instants à vivre, au moment même où, à quelques mètres de là, toute une jeunesse a été assassinée.

    Son récit est ainsi à chaque fois aimanté par d'étranges coïncidences qui font apparaître les êtres essentiels de sa vie. Avec au coeur du livre, la perte de ses deux frères et la magie d'une génération, la sienne, pour qui la vie était avant tout une recherche de la poésie, de la beauté, de l'amour et de l'excès.

  • « Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie », déclarait Henri Michaux. Et Hans Bellmer, de son côté : « En vérité l'être humain connaît moins encore son langage que son corps ». Reptile contemplatif, le peintre parfois s'insinue dans les fissures et les trouées du poème. Le peintre s'empare d'une parole sienne et l'incarne aux dépens du sens premier.
    Illisibilité en retour du poème qui traverse la matière. Cet à côté du langage dont l'épaisseur toujours à déchiffrer se profile, le poète le manifeste en diverses épreuves sans lien apparent, loin des diktats de la série qui bien souvent arriment «l'artiste-peintre». Le clivage corps/langage bientôt s'efface ou cicatrise, et l'être se perd dans l'écrit autant que l'écrit dans l'être.
    L'êcre s'étrit alors au coeur du balbutiement. H.H.

    L'êcre et l'étrit, un livre aux poèmes dessinés, en traversant 170 ans de traces dessinées de Delacroix à Unica Zürn en passant par Cézanne, apportent une nouvelle pierre à l'édifice poétique très mallarméen du dialogue entre l'être et l'écriture.

  • Les nouvelles d'Hubert Haddad constituent un univers en soi, un continent insubmersible entre songe et réalité, une rivière de romans-source. Les personnages en quête d'absolu, les monstres secrets, les phénomènes de cirque, les femmes fatales et les acteurs fous, investissent des cités authentiques ou inventées, des îles fantastiques ou des no man's land très mystérieux où se jouent des épreuves en forme d'énigmes.
    L'effroi et la merveille sont ici partout au rendez-vous. Chacune de ces histoires nous propulse dans la brûlante actualité des mythes et des légendes, aujourd'hui même le plus souvent. Tous ces drames et ces paysages insolites ou trop réels, nous nous empressons d'y croire avec délice afin de perpétuer la magie de la lecture.
    Hubert Haddad nous parle de notre être intime, de nos cauchemars comme de nos aspirations à un autre monde, avec un bonheur d'invention, une fantaisie alerte qui font de cette somme en deux coffrets de cinq recueils chacun - l'un dédié au soleil et l'autre à la lune - un monument de mots voué au très folâtre culte de la fiction et à l'imaginaire.

    Nouvelles du jour et de la nuit : la nuit est une magnifique boîte de format 13,5 x 20 x 7 cm qui contient 5 volumes de 128 pages chacun :
    L'Inconnu du terminal Beaufor Juliette avant la nuit Le Robot mélancolique Le Prince d'automne Le Langage des fleurs À découvrir également Nouvelles du jour et de la nuit : le jour, dans lequel on retrouvera :
    Le Cabaret de la mère folle Le Souffle de l'Agone Le Soleil des scorpions Un été vaudou Le Jardinier et le faux nègre

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