Giancarlo De Cataldo

  • Qui était Jay Dark ? A-t-il vraiment existé ? Un avocat californien, Maître Flint, prétend raconter la véritable histoire de cet agent de la CIA chargé de répandre le LSD dans les foyers de la contre-culture, jusqu'à devenir un agent double, infiltré dans le camp de la contestation étudiante des années 1970. Sur un ton frénétique et décapant, De Cataldo nous fait revivre une époque où tout a changé, pour que rien ne change.

  • Fin du xxe siècle : un vieil homme se fait tabasser et voler son portefeuille par un groupe de petits voyous romains, mais il ne va pas tarder à récupérer son bien, arme à la main... Quand il chuchote à l'oreille du voleur son nom, le gamin se met à trembler. Il pourrait le laisser partir, ce serait plus sage, mais il pense : "Et depuis quand avons-nous été sages ?" Après avoir tué le petit voleur, il hurle : "J'étais avec le Libanais." Ainsi débute le roman fleuve de Giancarlo de Cataldo, juge romain et auteur déjà confirmé en Italie. Le très solide fond documentaire de ce livre, qui se déroule entre 1977 et 1992, est l'histoire authentique de la "bande de la Magliana" (d'après le nom d'un quartier de Rome), première organisation criminelle constituée en ces années-là sur le modèle de la mafia, et qui, pour la première fois dans l'histoire du milieu romain, a mis la capitale en coupe réglée. Les liens de cette bande avec l'Italie de tous les secrets sont avérés : loge P2, terrorisme noir, assassinat d'Aldo Morro, politiciens et policiers corrompus, services secrets... Toute l'histoire souterraine de l'Italie de ces années récentes défile ainsi sous nos yeux, sans que jamais De Cataldo renonce aux moyens de la littérature : il crée des personnages puissants et originaux, notamment de magnifiques figures de femme, il alterne les scènes de roman noir et les tableaux de moeurs, la bouffonnerie et la tragédie. L'évolution du commissaire dont l'histoire sert de fil à la saga prend des allures de tragédie amère lorsque, de jeune idéaliste, il va devenir à son tour un manipulateur du crime. Le destin du jeune juge d'instruction auquel il s'allie est tout aussi édifiant. Tout cela dans une langue qui utilise tousl les argots : l'argot romanesco du peuple romain et de sa malavita, ceux des alliés napolitains ou siciliens, aussi bien que la langue bureaucratique des manipulateurs de l'ombre... Ce roman a été unanimement salué par la presse et les lecteurs en Italie. Un film du même titrea été réalisé par Michele Placido.

  • 1844 : dans la péninsule italienne partagée entre le royaume de Sardaigne et du Piémont, les provinces du Nord aux mains des Autrichiens, le centre occupé par les États du pape et le Sud, Sicile comprise, sous la férule réactionnaire des Bourbons de Naples, un désir d'unification et de démocratie monte de toute la société. Cette année-là, en Calabre, une expédition de partisans se heurte à l'indifférence des paysans qu'ils voulaient soulever, à la répression bourbonienne et à la trahison du bandit Calabrotto. Le jeune Lorenzo di Vallelaura, noble vénitien déserteur de l'armée autrichienne, arrache au bûcher Striga, une sorcière muette, génie des nombres qui sera pour toujours son ombre bienfaisante. Face au peloton d'exécution, Lorenzo accepte de devenir un traître à la solde de l'Empire austro-hongrois. Plus tard, à Londres, placé auprès de Mazzini, l'un des trois futurs pères de la patrie italienne, il sera mêlé à un demi-siècle d'intrigues entre puissances européennes, marqué par des attentats, des complots et des soulèvements aux quatre coins de la Botte. Face à lui, Von Aschenbach, chef des services secrets autrichiens, homosexuel tourmenté, et son homologue piémontais Vittorelli, cynique pourtant fasciné par l'autre grande figure du Risorgimento, Cavour. Autour de lui, Striga, qu'il retrouve aux côtés de Terra di Nessuno, l'héroïque guerrier sarde, et toute une société londonienne extravagante et géniale, le peintre Rossetti, l'aristocrate exténué Chatam et la très belle et très désirée lady Cosgrave, ardente adepte de la Cause. Le chemin de Lorenzo et des autres croisera aussi bien celui de Garibaldi que ceux de mafieux, de camorristes, de bandits anglais et de terroristes français. Tandis que dans les coulisses agissent Karl Marx, Victor Emmanuel II ou Napoléon III, nous sommes transportés de révolutions en réceptions somptueuses, de tavernes milanaises en sordides prisons napolitaines, des rues de Palerme en flammes aux chais du marsala, des bordels anglais aux ghettos de Rome et aux laboratoires où s'inventent les premières machines à calculer.
    Faisant ici montre d'une puissance créatrice qui le porte encore plus loin que son chef-d'oeuvre Romanzo criminale, Giancarlo De Cataldo brasse les langues, les dialectes, les saveurs, les légendes et les chansons pour nous restituer horreurs et splendeurs d'une époque encore en résonnance profonde avec la nôtre. Maniant l'ironie de l'essayiste et la science du feuilletoniste, il sait nous attacher aux destins individuels d'une nuée de personnages, historiques ou romanesques, à leurs ambiguïtés, leurs vilénies et leurs grandeurs, jusqu'à leurs fins amères, absurdes ou apaisées. A travers eux, nous assistons à la naissance de cette grande nation moderne, l'Italie, accouchée par les complots de politiciens, de terroristes et de mafieux.

  • La guerre entre l'Etat italien et la mafia est à son apogée: le juge Falcone est assassiné, les attentats se multiplient, l'opération "Mains propres" est lancée.
    Chef d'une officine secrète, le commissaire Scialoja entame les négociations. Au même moment, un réseau para-étatique est ranimé pour le contrecarrer. Face aux complots et aux trahisons, Scialoja lutte pour sauver sa vie et ce qui reste de l'Etat.

  • Diego et Walid font connaissance dans la salle d'attente d'un centre pour enfants gravement handicapés, où l'un et l'autre mènent leur fils chaque jour. Une amitié se noue entre eux, mais tandis que Diego parle volontiers de lui, de sa culpabilité, de la quasi-impossibilité de communiquer avec son enfant, du malaise de sa confrontation au monde, Walid reste sur la réserve. L'Arabe l'entraîne un soir dans une fête orientale, où Diego rencontre une fascinante danseuse du ventre, puis Walid disparaît. Des agents secrets prennent contact avec lui pour lui demander de les aider à retrouver Walid, qu'ils dépeignent sous les traits d'un terroriste.
    En superposant l'intrigue prenante d'un roman d'espionnage à la description du vécu douloureux des pères d'enfant handicapé, De Cataldo renonce ici à son détachement habituel devant les folies du monde. Dans un récit tout en émotion retenue, il conte à la fois l'histoire d'une amitié entre hommes de civilisations diverses et les profondeurs de l'amour pour les plus faibles d'entre nous, enfermés à jamais dans une hermétique prison mentale.

  • - Et si le renouveau de la littérature policière venait de Cinecittà ? 10 auteurs, 9 nouvelles. Des histoires noires, certes, mais ce qui les rend véritablement frappantes, c'est que tous leurs protagonistes sont des salauds ordinaires, les paumés d'une Italie contemporaine désemparée, des ordures réalistes.

    - Dix maîtres du roman noir italien ont ici conjugué leurs talents : Andrea Camilleri est l'auteur de L'Opéra de Vigata (2006) et de La Pension Eva (2008), Massimo Carlotto est l'auteur de L'Immense Obscurité de la mort, Giancarlo De Cataldo est l'auteur de Romanzo Criminale ; tous ces titres sont disponibles chez Points.

  • Années 70. Dans la cour d'une prison, un garçon de vingt-cinq ans sauve la vie d'un autre jeune homme, objet d'une tentative d'assassinat. La victime est le neveu d'un chef mafieux. Pour le sauveur, Pietro Proietti, dit "le Libanais", c'est le départ d'une fructueuse carrière criminelle. Le "boss" lui offre en effet de participer à un très fructueux trafic de drogue mais, pour cela, le Libanais va devoir trouver de l'argent... Dans sa quête de fonds, il va tomber amoureux d'une belle bourgeoise gauchiste, Giada, à laquelle il cache le buste de Mussolini qui orne son appartement. À la tête de sa bande de toujours, ce groupe d'enfants des rues avec lesquels il a grandi, il se lance dans un enlèvement...
    Situé, dans la chronologie romanesque, avant Romanzo criminale, ce bref et vigoureux récit nous fait retrouver Dandy, Buffle et tous les autres personnages de la grande saga du crime à Rome telle que Giancarlo De Cataldo nous l'avait offerte. Pour les nombreux lecteurs de la foisonnante oeuvre centrale, Je suis le Libanais éclairera des arrière-fonds restés jusque-là mystérieux, et tout particulièrement la personnalité énigmatique du chef de bande. De par sa profession de magistrat, De Cataldo peut s'appuyer sur une connaissance approfondie du roman vrai de la criminalité romaine. Grâce à ses talents de feuilletoniste hors pair, il en tire de la vraie littérature.

  • À Rome, l'annonce d'un nouveau Jubilé attirant des millions de pèlerins relance les travaux publics et aiguise les appétits. Au Capitole, les constructeurs manigancent dans les coulisses pour sauver leurs intérêts et leur violence dépasse celle des truands. Coincé entre des politiciens honnêtes et des mafieux turbulents, Sebastiano, représentant du chef des mafias de Rome emprisonné, déclenche une opération d'obstruction apocalyptique. Bientôt toute la ville brûle !

  • Madame A. nous a quittés. Celle qui nous avait maternés comme des enfants avec Nora, qui avait chéri notre fils Emanuele comme le sien, a préféré affronter seule le cancer qui la ronge. Sans elle, les métastases se développent sous nos lits. Nous voilà perdus, en proie à nos humeurs égoïstes. Nous a-t-elle laissé assez de force et d'amour pour rester une famille ?

  • Un recueil de trois nouvelles ayant pour figure centrale un personnage de juge.
    La nouvelle de Camilleri met en scène le juge Efisio Surra, originaire de Turin, envoyé en Sicile pour reprendre les rênes du tribunal. Catapulté dans un système judiciaire corrompu, il entre en conflit avec une étrange organisation locale. Inconscient des menaces et avertissements de cette dernière, ce grand candide et incorrigible optimiste gagne la première bataille contre cette « Fratellanza », pas encore devenue Mafia...
    La nouvelle de Lucarelli se déroule à Bologne à la fin des années 70, une période d'activisme politique violent. Le juge est une femme, affublée du surnom « la Gamine » en raison de son jeune âge, et entraînée malgré elle dans une histoire où tous les coups sont permis. Une histoire qui la contraindra à vivre dans la clandestinité...
    La nouvelle de De Cataldo s'intéresse au personnage d'Ottavio Mandati, procureur de la République auprès du tribunal de Novere, qui mène un combat de longue haleine contre les malversations du maire, son ennemi de toujours, pour qui la loi n'existe pas. Mais le combat se joue-t-il vraiment à armes égales ?

  • Marco Ferri, hooligan devenu policier pour combattre la Fureur qui gronde en lui, entre dans l'équipe de Mastino, adepte des solutions expéditives et ultra-violentes, et bientôt responsable d'une unité antiterroriste. Dantini, le mentor bien-aimé de Marco, est assassiné. Tout a été préparé pour que le meurtre soit imputé à Guido, un jeune anarchiste qui doit mourir en même temps que sa cible, mais le garçon survit. Il est pris en charge par Lupo, le chef des Affaires internes, qui pressent derrière le crime la main d'un vieil ennemi, le Commandant. Sous les ordres de celui-ci, Mastino met en scène un énorme attentat islamiste. Entre ces hommes et leurs jeux de pouvoirs circulent Daria, la brillante assistante de Lupo, et Alissa, impitoyable tueuse marquée d'une fêlure d'enfance qui fera tout basculer.
    Corruption généralisée et individus intègres, manipulations géopolitiques et guerres de civilisations : voici, dans une Italie crépusculaire et un Belleville de légende, une plongée dans les coulisses du monde contemporain comme nous y a habitués l'auteur de Romanzo criminale. Où tout l'enjeu sera de donner une forme à cet inégalable outil de gouvernement : la peur.

  • Trois auteurs phares de la littérature italienne remontent la piste de la cocaïne à travers trois nouvelles saisissantes, non pas reliées par un fil rouge mais par une ligne blanche...

    Des cartels de la drogue en Amérique latine au milieu de la finance italienne, en passant par le monde ouvrier, la jeunesse dorée ou la police, cet or blanc s'insinue partout, dans toutes les strates de la société. C'est un cristal aux multiples facettes qui gangrène le monde et pour lequel nombreux sont prêts à mourir.
    Quand production, exportation, consommation riment avec corruption et perdition, découvrez la cocaïne dans tous ses états.

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